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SUR TERRE, UNE PRIORITE : LA RECONCILIATION

 

Le déferlement de violence dans le monde actuel montre l’urgence d’un changement de mentalité car si la violence répond à la violence, si la haine répond à la haine, c’est l’autodestruction pour la planète. 

Dans la religion aumiste, la réconciliation entre les humains, le retour à l’unité, est au fondement du changement qui doit ramener la paix. L’exemple de la compassion de Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH et son Enseignement nous montrent la voie de l’Unité dans le respect des différences. Il est venu sur Terre pour nous aider à nous libérer des souffrances que nous alimentons nous-mêmes par nos divisions. Il est venu pour donner à chacun les moyens d’accueillir et de restaurer la paix en soi et autour de soi, qu’il croie ou non à l’existence de Dieu ou d’une vie après la vie.

« Acceptez l’autre dans sa différence, dit Il, car l’unité n’est pas l’écrasement de ceux qui ne pensent pas comme vous mais bien la réconciliation de tous ceux qui pensent différemment, tout en unissant leurs efforts pour un monde meilleur. » [1]

Au cours de cet exposé, cette réconciliation nécessaire sera déclinée autour de trois pôles :

I – La réconciliation entre croyants et athées.  

II – La réconciliation entre les croyants des différentes religions.  

III – La réconciliation sur le plan interpersonnel.

 

I – LA RECONCILIATION ENTRE CROYANTS ET ATHEES

Dans une société qui multiplie les divisions, certains ont tendance à opposer les athées et les croyants de façon caricaturale.

Mais pour reprendre la pensée de l’académicien et philosophe Jean Luc Marion :

« La notion d’athéisme est une notion relative. On est toujours athée d’une certaine conception de Dieu. Tout le monde est athée. On peut dire : les croyants sont athées des représentations de DIEU qui ne leur conviennent pas. Quelqu’un qui se dit athée peut être considéré comme athée sous condition : il est athée de telle ou telle représentation de Dieu, parce qu’il pense que les représentations de Dieu ne sont pas correctes. Donc il est provisoirement athée. Et les croyants sont régionalement athées aussi bien. »

Œuvrer pour la réconciliation, c’est considérer ce qui rapproche les humains quels qu’ils soient.

Chercher le sens de la vie concerne tous les humains

L’individu ne s’interroge que rarement sur ses croyances, et pas seulement sur ses croyances religieuses. Mais chacun pourrait se poser de nombreuses questions : à quel instant ai-je décidé de croire ce que je crois ? Dois-je considérer un homme selon ses croyances ou selon ses actes ? L’être humain, sous toutes les latitudes, manifeste un besoin fondamental de penser que les choses ont un sens. Découvrir un sens à sa vie n’est pas un luxe, un accessoire de l’homme moderne dans le monde, c’est un besoin existentiel fondamental. Tous les êtres ont des préoccupations spirituelles, dans la mesure où ils tentent tous de comprendre le sens de leur vie et de trouver leur place dans le monde.

Ces questions fondamentales concernent la condition humaine :

« Qui suis-je ?

Ai-je existé avant cette vie ?

Qu’adviendra-t-il après ma mort ?

Que suis-je venu faire sur cette Terre ?… »

On retrouve pour chacun la question incontournable de la mort et de l’au-delà. Les réponses sont différentes mais quelles qu’elles soient, nous pouvons nous considérer comme les doigts d’une seule main, comme les branches d’un même tronc, dirigés vers le même But : un bonheur durable, un monde de Paix et de Fraternité, respectueux de la planète et de ceux qui l’habitent.

Développer plus d’amour concerne tous les humains

Développer plus d’amour peut réconcilier les hommes et les femmes de bonne volonté de tous bords. C’est un devoir pour tous les terriens : « Tu as le droit de nier l’existence de Dieu mais tu as le devoir de te transformer, de t’améliorer pour le bonheur du monde. »[2], nous dit le Seigneur HAMSAH MANARAH. 

Cela consiste à souhaiter que tous les êtres soient heureux et à agir en ce sens. Non pas par contrainte morale ou par devoir, mais par une compréhension juste et réelle que chacun est indissociable de l’autre, quel qu’il soit. Ni le religieux ni le laïc ne sont à exclure. Cet amour implique également de commencer par s’accepter soi-même. Et là encore, si le message a déjà été entendu : « Aime ton prochain comme toi-même. » enseignait Jésus, il enseigne une évidence qui s’adresse à tous. Comment peut-on aimer son prochain si l’on se déteste soi-même ? Comment projeter sur autrui ce que l’on ne ressent pas en soi ?

Et puis, cet amour ne concerne pas seulement les humains, mais tous les êtres sensibles, ce qui inclut les règnes de la nature : notre avenir est évidemment lié à celui des minéraux, des végétaux, et des animaux mais aussi à celui de la terre, de l’eau, du soleil et de l’air. Et ce, quelles que soient nos croyances. Ce point si important de la réconciliation avec la nature sera évoqué demain dans un autre exposé.

Dans l’Aumisme, le respect du Divin présent en chacun implique le respect des différences, le sentiment d’unité, et la nécessité de prier et d’œuvrer pour la réconciliation des peuples. Mais ceux qui, sans croire en Dieu, croient en l’homme et en des valeurs humanistes œuvrent aussi dans le sens du respect mutuel et de la fraternité. Exprimer ensemble et avec force des pensées d’amour pour tous les êtres, est une contribution à la paix dans le monde à la portée de tous, et il n’y a absolument aucun monopole dans le souhait suivant :

« Puissent tous les êtres sensibles dans les dix directions de l’espace être libres d’inimitié. Puissent-ils être libres de malveillance, puissent-ils être débarrassés de la souffrance. Puissent-ils être heureux : au Nord, au Sud, à l’Est, à l’Ouest, au Nord-Ouest, au Sud-Est, au Nord-Est, au Sud-Ouest, au dessus et au dessous » [3]

II- LA RECONCILIATION ENTRE CROYANTS DES DIFFERENTES RELIGIONS

Jean-Yves Leloup, écrivain, théologien et prêtre orthodoxe, a écrit un ouvrage qui s’intitule : « Deux maladies des yeux : athéisme et religion ». Il nous dit : « Athée signifie littéralement « sans vision », ce qui est considéré comme une maladie. L’athée ne voit que le visible, mais pas l’invisible. Le jour ne se voit pas, mais c’est ce qui permet de voir toutes choses. D’un autre côté, dire : Dieu est ceci, Dieu est cela, c’est aussi une maladie de la vue, c’est de l’idolâtrie. »

Il s’agit donc pour l’Aumisme de restituer à la religion sa vocation première qui est de relier. Son fondement est « L’unité des Visages de Dieu » qui réconcilie tous les croyants sincères.

Le Principe de réconciliation : l’Unité des Visages de Dieu

Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH, nous dit aussi : « Dieu est Un, ce sont les hommes qui le divisent, les peuples qui le fractionnent, les religions qui se font la guerre en son Nom. » [4]

Nous lisons dans la Bhagavad Gita : « Quel que soit le Nom par lequel on Me désigne, Je demeure le même. » De grands Sages tels Ramakrishna et Vivekananda ont enseigné l’Unité divine. Il nous faut penser davantage en termes d’Energie Une, mue par une Conscience transcendante, se manifestant à la fois à travers la Forme et en dehors de toute forme. Et si Dieu, en s’incarnant, prend de multiples Visages, c’est pour communiquer aux humains, à différentes époques et en différents pays, son Message d’Amour et de Sagesse. Les religions émanent de la même source, ce sont différents chemins qui mènent à l’Absolu. Sortir de l’ignorance, étudier leurs Enseignements, dialoguer, aide à découvrir leur Unité. Tout doit être mis en œuvre afin d’éliminer le sectarisme et le fanatisme, causes de tant de violences, afin de réconcilier les religions.

« Comment un religieux sincère, quelle que soit sa doctrine, peut-il aimer Dieu si, dans son cœur, il hait son frère juif, son frère musulman ou hindou ? » [5]

Plus que jamais l’appel de l’Aumisme à la réconciliation des religions est d’actualité. Son Fondateur écrit : « Juifs, chrétiens, musulmans, hindous, bouddhistes, jaunes, blancs, noirs, aimez-vous les uns les autres. Ne tuez jamais vos frères au nom de Dieu[6]

Le symbole de l’Unité : le monastère du Mandarom

Pour ce rapprochement des religions, des peuples et des nations, pour la cristallisation de l’Unité des Visages de Dieu sur Terre, ont été édifiés en la Cité Sainte de Mandarom Shambhasalem des statues et des temples en rapport avec les différentes religions.

« Nous souhaitons, dit sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH, que chacun en venant vers nous, trouve selon sa profonde tendance, l’aspect de l’Absolu révéré, le symbole abstrait qui parle le plus à son cœur. » [7]

On peut voir en la Cité Sainte l’Hexamide, symbole de l’unité des religions. C’est une pyramide à six arêtes aux couleurs de l’arc en ciel représentant chacune un courant religieux. Chacune de ces couleurs, chacune de ces religions, se fusionnent en un même principe d’Unité, dans la lumière blanche du OM, le Verbe créateur, le premier Nom de Dieu qui est la prière de la réconciliation et de l’Unité.  

Et parce que l’homme a besoin de symboles, parce qu’il fallait un symbole de l’Orient connu du monde entier et un symbole de l’Occident connu de l’entière humanité, cette réconciliation se cristallise au Mandarom, par deux statues se faisant face : celle du CHRIST et celle du BOUDDHA. Elles marquent l’Union de l’Orient et de l’Occident, de l’Amour et de la Sagesse.

« Le regard du Christ fusionné dans celui du Bouddha, c’est le symbole de la tolérance et du rapprochement des peuples. »[8] nous dit le Seigneur HAMSAH MANARAH.

Enfin, selon sa volonté, les Aumistes travaillent à une réalisation architecturale et spirituelle d’une importance capitale : la construction du Temple Pyramide de l’Unité des Visages de DIEU. Son architecture, comme son nom l’indique, se caractérise par une pyramide de verre placée au sommet de son édifice, dans lequel toutes les religions seront représentées. Y seront accueillis tous les humains sans discrimination de race ou de confession souhaitant s’y recueillir.

Ce Temple de l’Unité, véritable talisman pour la Planète, sera le garant d’une plus grande tolérance entre les peuples et les religions mais symbolisera aussi l’harmonie retrouvée entre l’homme et la nature. Ce Temple Pyramide matérialisera l’Idéal d’Unité et de Paix, exprimera ce noble idéal d’une humanité réconciliée autour de Dieu présent en tous et en chacun. Chaque homme ou femme de bonne volonté peut contribuer à cette réalisation.

III – LA RECONCILIATION SUR LE PLAN PERSONNEL

On parle souvent de la pollution de l’air, de l’eau, de la terre, mais bien peu de celle des pensées et du mental. Les illusions et les limitations qui existent encore dans nos pensées représentent une réelle pollution concernant chacun d’entre nous, croyants ou incroyants. Nos paroles et nos actes sont la conséquence de nos pensées conscientes et inconscientes, c’est pourquoi il importe de maintenir en nous un état mental positif, d’amour, de joie, de pardon des offenses, de tolérance et de bienveillance. Chacun de nous ici éprouve la difficulté de cet objectif, et le Seigneur HAMSAH MANARAH nous invite : « Vous devez vous éduquer à réagir positivement, pour défaire, par une bénédiction, la flèche empoisonnée de l’action mentale de haine. »[9]

Un 1er pas vers la réconciliation : le pardon à soi-même

Une des clés fondamentales dont parlent toutes les religions est le pardon. Même si peu insistent sur le pardon à soi-même. « La sérénité se conquiert en soi d’abord, avant que de vouloir voir les autres déjà sereins, remplis de paix. »[10]  Quelles que soient nos croyances, rien ne peut être bâti de solide, de durable et d’épanouissant sur des fondations de rancœur et de culpabilité. Tout simplement parce que si l’on ne se réconcilie pas avec soi-même, on reste imperméable à toute manifestation d’amour, et aveugle à toute expression de sagesse. Le Pardon à soi-même, régulièrement entretenu, nous permet d’aller de l’avant, d’oser nous tromper, de repartir à nouveau, d’essayer encore, et d’autoriser l’autre à faire de même.

Le premier pas, nous dit le Seigneur, c’est le Pardon à soi-même pour éviter l’autopunition, sans jamais oublier d’évoluer : « Ne demandez pas à DIEU d’avoir pitié de vous-même mais ayez tout simplement pitié de vous. »[11]

Le pardon, en allégeant la conscience, nous donne l’énergie et la liberté donc le devoir de nous transformer, de nous remettre en route en évitant alors de toujours retomber dans les mêmes travers.

Le 2ème pas vers la réconciliation : le pardon aux autres

Notre capacité d’évolution est directement liée à notre capacité de pardon. Le pardon nous accorde cette joie d’être libérés des oppositions de personnes, des oppositions ami-ennemi, des dualités intérieures, même si nous ne croyons pas en Dieu. Il évite l’engrenage de la vengeance et de la haine qui bloque toute possibilité de changement.

Le deuxième pas, c’est se tourner vers ceux qui nous ont fait du mal, qui nous ont fait le plus de mal, en leur disant : « Je te pardonne tout le mal accompli. Que la Lumière soit dans ton esprit, et l’Amour Divin dans ton cœur.»[12] Seule cette attitude mentale de réconciliation importe, en étant attentif aux effets qu’elle génère. Et pour celui qui cherche Dieu, se pardonner à soi-même, c’est se réconcilier avec son Dieu intérieur. Pardonner à autrui, c’est reconnaître que Dieu est en lui.

Le Seigneur Hamsah Manarah écrit : « Aime ton prochain comme toi-même, aime le Dieu qui est en toi, et tu passeras de l’amour égoïste à l’Amour Divin, pour le bonheur de ton Dieu intérieur»[13]  Il ne s’agit plus là de chercher à réparer ses fautes ou à punir celles des autres, en restant tourné vers le passé. Il s’agit de servir le projet divin. Un projet à la fois identique pour tous, en tant que projet d’amour, et en même temps personnalisé. Il s’agit d’un projet résolument tourné vers le futur, un projet libérateur parce qu’il est désintéressé. Mais comme tous les projets, il demande de la volonté, de la continuité dans la volonté, de la persévérance, des efforts, de la patience, et la foi en sa réussite.

Enfin parce que c’est l’Amour qui permet le pardon, l’Amour qui permet toutes les réconciliations, parce que l’Amour s’éduque, se développe et s’épanouit si on le nourrit, que cette prescription de Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH pour ouvrir le cœur de tous, soit notre conclusion :

« Je suis en unité avec le SEIGNEUR DIEU TOUT AMOUR, présent en moi et en chacun. 

J’aime mes parents comme moi-même et leur souhaite tout le bonheur du monde.

J’aime mes ennemis comme moi-même et leur souhaite tout le bonheur du monde.

J’aime tous les hommes et femmes de la Terre comme moi-même et souhaite à chacun tout le bonheur du monde.

Je développe de plus en plus la puissante force d’Amour pour le monde entier.

Aujourd’hui est le jour de l’amour, du partage et de la réconciliation avec mon prochain.

Je suis en Unité avec le SEIGNEUR DIEU TOUT AMOUR, dispensant Ses bienfaits sur l’Univers entier. » [14]

 

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[1] Une Loi pour détruire la Mal, p 427

[2] L’Unité des Visages de Dieu, p. 389

[3] [3] Le Yoga de l’Amour dans la Force, p. 59

[4] La Loi d’Evolution des âmes, p.473

[5] Le Flambeau d’Unité, p.67

[6] Yoga et Sagesse, p. 283

[7] Mémoires d’un Yogi, p. 308

[8] L’Unité des Visages de DIEU, p.96

[9] Vers un Age d’Or d’Unité, p.184

[10] Une Loi pour détruire le Mal, p. 13

[11] Doctrine de l’Aumisme, p. 113

[12] Vers un Age d’Or d’Unité, p.177-178

[13] Le Flambeau d’Unité, p. 344

[14] Vers un Age d’Or d’Unité,  p.153