SORTIR DE L’INTOLERANCE RELIGIEUSE
Au cours des siècles, notre planète a trop souvent mêlé la religion à la violence, les uns voulant éradiquer toute spiritualité, les autres pourchassant les impies, persécutant les minorités religieuses ou s’affrontant au nom d’un Dieu décrété supérieur à celui des autres…
Heureusement, ces dernières décennies, on voit une avancée notoire par exemple dans les prises de position communes face à la barbarie. Cela atteste du désir d’en finir avec la violence chez un nombre croissant d’hommes et de femmes.
Mais en cette période de transition, que de violences sont encore commises en particulier au nom de Dieu sur tous les continents et parfois même à notre porte…
Sortir de façon durable de l’intolérance religieuse est essentiel si l’on veut arriver un jour à mieux vivre ensemble.
Pour aborder ce point crucial, nous partirons de 3 questions :
- Comment l’intolérance religieuse devient-elle meurtrière ?
- Comment sortir du sentiment d’impuissance face à cette violence ?
- Quelle est la contribution de l’Aumisme pour nous aider à sortir des divisions religieuses fratricides ?
I – COMMENT L’INTOLERANCE RELIGIEUSE DEVIENT MEURTRIERE
Au départ, le sectarisme est l’attitude hélas courante à différents degrés d’un individu ou d’un groupe faisant preuve d’étroitesse d’esprit en matière de politique, de philosophie ou de religion. Mais plus on se replie sur des dogmes, voire des préjugés considérés comme seuls vrais, plus on s’enferme dans une rigidité qui coupe le monde en deux : il y a ceux qui « possèdent » la vérité et les autres… Ce refus de la liberté de pensée incite à vouloir imposer sa vérité.
Et quand on en arrive à vouloir imposer sa vérité à n’importe quel prix, c’est le dérapage dans le fanatisme défini comme « le dévouement absolu et exclusif à une cause qui pousse à l’intolérance religieuse ou politique et conduit à des actes de violence. »1. Une violence qui, les événements nous le prouvent, peut être à la fois suicidaire et meurtrière.
Cela interroge évidemment les religions sur leur rapport à la Vérité absolue parce que divine… Sur l’espace qu’elles accordent à la réflexion et à la compréhension des cheminements différents. Cela interroge les religions sur le risque que peut comporter le rapport à cette Vérité chez des adeptes enclins à la violence. Certes, il est courant que chacun, croyant ou pas, privilégie un but et des valeurs qui donnent un sens à sa vie, et qu’il les appelle vérités (la vérité étant définie comme l’idée qui s’accorde avec le sentiment que quelqu’un a de la réalité.) 2
On comprend aussi que les religions parlent de Vérité divine puisque la foi en Dieu est leur raison d’être. Mais cela implique du discernement : la Vérité divine n’appelle pas à la haine ni au meurtre de son prochain, puisque Dieu est l’Energie de Vie et d’Amour. Faire couler le sang pour imposer une soi-disant « Vérité divine » devient l’œuvre d’humains totalitaires, fanatiques, qui ont fini par créer Dieu à leur image, projetant sur Lui leur propre intolérance. En reniant ainsi l’Amour divin, ils sont dans l’incapacité de respecter en chacun le principe même d’humanité.
Mais il faut être réaliste : nul n’est à l’abri de la tendance à l’intolérance. Et le fondateur de l’Aumisme avertit ses disciples et les incite à la combattre en eux-mêmes dès le départ pour que cette religion, au fil du temps, ne commette pas de violence en son Nom. D’où l’importance du travail sur soi dont il a été question précédemment, rejoignant cette idée de Gandhi : « Chacun est responsable de sa religion. »
II – AUJOURD’HUI, NOUS AVONS UN DEFI A RELEVER : SORTIR DU SENTIMENT D’IMPUISSANCE FACE A L’INTOLERANCE
Face à la violence, on se sent souvent devant une machine infernale qui se serait emballée et échapperait au contrôle humain. C’est de ce sentiment d’impuissance qu’il faut sortir. L’intolérance n’est pas un mal extérieur à l’homme. Elle habite ses pensées autant que la tolérance peut le faire.
L’être humain a donc le pouvoir de sortir de la violence s’il change sa façon de penser. Cette idée fondamentale concerne croyants et athées, elle donne toute son importance à l’éducation, qui sera évoquée dans la dernière conférence. « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, (Acte constitutif de l’Unesco 1945), c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix. » Ce changement d’état mental nécessite bien sûr l’ouverture du cœur.
Les secousses du monde actuel nous obligent à remettre en question nos habitudes, à faire un choix au niveau du quotidien :
- Soit nous restons attachés aux jugements et aux comportements intolérants du passé, et nous alimentons la violence ;
- Soit nous développons la tolérance au sens d’acceptation des différences, et nous contribuons à préparer une Ere de paix.
Pourquoi chacun est-il placé devant ce choix ? Si Dieu éradiquait les guerres sans que les humains aient changé intérieurement, elles seraient aussitôt recréées par leur mental accroché aux divisions du passé. Avoir à choisir implique un effort conscient de changement. Seule cette évolution responsable garantit la construction d’une paix durable.
Le Seigneur HAMSAH MANARAH dit à chacun : « Je suis l’Energie qui propulse les âmes sur la Voie Evolutive, mais ne puis marcher et avancer à ta place. » C’est l’attitude d’un Maître spirituel qui guide chacun vers sa propre autonomie.
Pour ce faire, Il nous aide, Il crée les conditions qui nous rendent libres d’aller vers le bonheur d’Age d’Or. Il donne à tous, dans Son Enseignement écrit, un savoir qui rend logique le respect des différences :
- Prendre conscience que le Divin est en chacun, implique une conséquence : agresser un être humain c’est agresser Dieu lui-même !
- Prendre conscience qu’à travers différentes incarnations, nous avons appartenu à différentes religions ouvre au sentiment d’Unité.
- On peut aussi réfléchir sur la conception aumiste de l’au-delà appelé Colonne de Lumière (thème développé lors du colloque précédent « La vie sur Terre et dans l’au-delà »), où les âmes intolérantes doivent apprendre, aussi longtemps qu’il le faut avant de se réincarner, le respect des autres Traditions !
III – LA CONTRIBUTION DE L’AUMISME POUR SORTIR DE L’INTOLERANCE RELIGIEUSE
Au fil des siècles, on s’est focalisé sur ce qui, dans les religions pouvait servir d’alibi à la violence – ce qui ne l’a pas affaiblie ! Mais aujourd’hui, nous n’avons plus le temps de tourner en rond autour de ce qui alimente l’énergie mortifère de la haine. Il est important de chercher au contraire à voir ce qui nous rassemble pour alimenter l’énergie de Vie et de réconciliation.
« N’abandonne pas ta religion, dit le Seigneur HAMSAH MANARAH : reste chrétien, juif, musulman etc. mais étudie les autres religions pour les aimer et surtout afin de mieux comprendre la tienne. » 3 On redécouvre alors dans toutes les Traditions le précepte de l’Amour qui implique de respecter la vie de ses semblables et de les traiter avec bienveillance.
Le Seigneur HAMSAH MANARAH nous donne l’exemple : « Acceptez l’autre dans sa différence, dit-Il, car l’Unité n’est pas l’écrasement de ceux qui ne pensent pas comme vous, mais bien la réconciliation de tous ceux qui pensent différemment, tout en unissant leurs efforts pour un monde meilleur. » 4
Pour sortir des divisions, l’Aumisme met au premier plan une Connaissance qui va de pair avec le respect des différences, la reconnaissance de leur richesse :
L’Unité des Visages de Dieu
Avant de fonder l’Aumisme, Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH a fait un périple initiatique à l’intérieur de différentes Traditions d’Occident et d’Orient et expérimenté les plus hauts Etats de conscience ou Samadhis. « J’ai expérimenté, dit-Il, bien des techniques de prières, de méditations, de visualisations, bien des langues sacrées aussi, pour enfin découvrir qu’au-delà de l’arc en ciel religieux, il n’y avait qu’un seul et unique Diamant Divin … » 5
L’Unité des Visages de Dieu est donc le seul dogme de l’Aumisme : « Dieu est Un, quel que soit le nom par lequel on Le désigne.» 6 La dévotion pour chaque fondateur de religion ne doit pas faire oublier que les différents Envoyés ont adapté leur Enseignement, à différentes époques, à différentes mentalités, mais qu’ils sont tous des manifestations de l’Energie divine indivisible.
De nombreuses Traditions évoquent cette unité dans la diversité, par exemple :
« Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père » affirme Jésus.
« Si les chemins sont différents, le but est unique » dit Rumi pour le soufisme.
« Il y a bien des chemins qui mènent à la Fontaine des Béatitudes éternelles, chacune des religions du monde est un des chemins » rappelle Ramakrishna dans l’hindouisme.
« Comme les hommes choisissent de m’approcher, ainsi je les accepte en mon amour » est-il dit dans la Bhagavad Gita (IV 11)
Le Seigneur HAMSAH MANARAH nous place devant une réalité qui transcende les oppositions :
« Les humains se querellent et se tuent au nom de Dieu, alors qu’ils adorent en réalité la même Energie (…). Se battre, se diviser au Nom du Divin ou d’une religion qu’on estime supérieure aux autres est le pire des crimes contre Dieu » 7. Il ne s’agit donc pas de nier la spécificité des différentes religions mais de les inviter, tout en gardant leur identité, à considérer les autres comme sœurs – pour être aumiste par exemple, nul n’est forcé d’abandonner sa religion d’origine. Il est alors possible de respecter les différents points de vue – notion essentielle dans le Jaïnisme qui prône l’Ahimsa, la non-violence.
L’urgence aujourd’hui, c’est que les religions retrouvent leur racine commune : l’Unité divine. Voici des éléments essentiels de l’Aumisme contribuant à favoriser leur réconciliation :
Un symbole : l’Hexamide
Cette pyramide à 6 arrêtes représente le retour à l’unité : les religions, divisées à la base, convergent vers la lumière blanche du sommet qui est à la fois la synthèse de leurs lumières arc en ciel, et celle du Verbe créateur, le OM de l’Unité originelle.
Le monastère œcuménique du Mandarom
Montrant qu’il est possible de vivre ensemble dans l’unité et le respect de la diversité, le Seigneur HAMSAH MANARAH a fondé le monastère du Mandarom qui, réunissant des temples et statues de multiples Traditions, est à lui seul un symbole et un exemple de fraternité. « Que chacun, dit-Il, retrouve ici le symbole du divin qui parle le plus à son Cœur… »
La statue du Christ (17m de haut) et celle du Bouddha (22m de haut) se font face : « Le regard du Christ fusionné dans celui du Bouddha, c’est le symbole de la tolérance et du rapprochement des peuples. » 8 Rapprochement de l’Occident et de l’Orient, de l’Amour et de la Sagesse.
Dans le même esprit de réconciliation, le Temple Pyramide de l’Unité réunira, dans la prière pour la paix, les hommes et les femmes de bonne volonté de toutes les Traditions : Dans son architecture, des éléments de différentes religions rappellent à chacune son Unité originelle avec les autres. Ce Temple est le garant d’un avenir meilleur, d’une humanité réconciliée, car iI est le garant de l’Unité des Visages de Dieu.
La Révélation du Messie de Synthèse
Tout d’abord, il est nécessaire de sortir des projections humaines. Il n‘y a pas heureusement, au niveau du Divin, la hiérarchisation, la compétition qui créent les divisions dans les sociétés humaines. Tous les Envoyés sont des manifestations de la même Energie d’Unité, mais chacun a une Mission particulière. Celle du Messie des temps nouveaux est d’aider l’humanité à accéder à l’Age de la réconciliation, de la solidarité (l’Age d’Or) pour sortir de l’Age des violences et des souffrances (Age de Fer).
C’est pourquoi en 1990, le Seigneur HAMSAH MANARAH a assumé de se révéler en tant que Messie de Synthèse venu pour toutes les religions – et pour l’entière humanité -, rappelant l’Unité originelle des Visages de Dieu. « Pour éviter dans l’avenir que les humains puissent prétexter la multiplicité des Visages de Dieu sur Terre et se quereller, tous ces Visages se sont fusionnés en un seul Visage, celui du Messie…. » 9 Ainsi, le Messie a exprimé son amour pour toutes les religions quelles que soient leurs spécificités. Il a régénéré le message de fraternité dont elles sont dépositaires et responsables, afin qu’elles entrent ensemble dans l’Ere nouvelle. L’Aumisme, religion de Synthèse, s’inscrit dans la continuité des Hauts Enseignements d’amour et de paix, sauvegardés dans les différentes Traditions, en adaptant une Connaissance et une Energie nouvelles à ce tournant décisif de notre histoire.
Le Christ avait évoqué la nécessité pour les humains d’évoluer avant de recevoir un nouvel Enseignement : « J’aurais encore plusieurs choses à vous dire mais elles sont encore au-dessus de votre portée… » (Jean XVI- 12)
Aujourd’hui, entrer dans l’Ere nouvelle nous oblige à grandir en maturité : c’est pourquoi le Messie de Synthèse apporte à tous les moyens de prendre en charge l’avenir de la planète en disant : « Humanité, délivre-toi du Mal. » Et dans son désir immense de nous aider à faire ce pas en avant vers plus d’amour et de sagesse, le Messie a renouvelé, par Son Incarnation dans un monde où l’intolérance s’est violemment retournée contre Son Message d’Unité, l’acte d’infinie compassion où Dieu se fait Homme pour que l’Homme et la Femme deviennent Dieu. Mais avec l’humilité des Serviteurs de l’humanité, Il affirme : « En vérité peu m’importe d’être reconnu comme le Messie,10 (…) Seule compte pour moi l’unité des religions » – l’unité des religions étant la condition d’un vivre-ensemble pacifié.
Conclusion
Je terminerai avec l’appel de Dieu qui s’est répercuté d’Age en Age mais qui aujourd’hui résonne pour tous comme un ultime moyen de sauvetage :
« Juifs, chrétiens, musulmans, hindous, bouddhistes, jaunes, blancs, noirs, aimez-vous les uns les autres. Ne tuez jamais vos frères au nom de Dieu ou pour le triomphe d’une doctrine politique. » 11 « Pardonnez les offenses, ne souhaitez le mal à personne. La pensée est créatrice. » 12
Notre planète a besoin d’amour pour panser les blessures de l’intolérance qui se sont perpétrées au cours de l’histoire. Et c’est le Verbe créateur, le OM de la fraternité – présent dans amen, amin, aum – qui est offert à tous en partage. Dans leur vie de tous les jours, dans les malheurs et les épreuves, tous les humains sans distinction peuvent prendre refuge dans le OM :
« Dans le AUM, il n’y a ni blanc, ni noir, Dans le AUM il n’y a ni chrétien ni musulman
Dans le AUM il n’y a ni juif ni Bouddhiste.
Dans le AUM, il y a pourtant toutes les Lumières » 13
Le Seigneur HAMSAH MANARAH dit à chacun comme à chaque être vivant : « Que la bénédiction du OM éternel et infini vous soit accordée. »
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V. Mandaja
1 Dictionnaire Larousse
2 Dictionnaire Larousse
3 La Réintégration divine par le Yoga, p. 163
4 Une Loi pour détruire le Mal, p. 427
5 Op. cit., Introduction
6 La Révolution du monde des vivants et des morts, p. 66
7 Le Yoga de l’Amour dans la Force, p. 288
8 L’Unité des Visages de Dieu, p. 96
9 Idem, p. 49
10 Le Flambeau d’Unité, p. 67
11 Yoga et Sagesse, p.283
12 Le Yoga de la vie pratique, p.277
13 L’Aumisme, la Doctrine de l’Age d’Or, p.27