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DES DROITS DE L’HOMME AUX DROITS DU VIVANT, L’EVOLUTION

A l’instant présent, le monde est confronté à des défis inédits qui accentuent les violations des droits de l’être humain.
Mais il importe aussi de considérer l’évolution des mentalités sur le long terme.
Nous évoquerons donc :

I – L’évolution des Droits de l’Homme depuis 1948

II – Un combat à continuer !

III – Le respect de l’humain et de tout ce qui vit dans l’Aumisme

 

I- L’EVOLUTION DES DROITS DE L’HOMME DEPUIS 1948


1- Point de départ : la Déclaration des Droits de l’homme

Nous partirons ici de 1948, date à laquelle les Nations Unies, nées de la victoire sur le nazisme, affirment la volonté de reconnaître les droits de l’homme.

C’est au juriste français René Cassin, Prix Nobel de la Paix et principal rédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (en abrégé, DUDH) que l’on doit la qualification d’« universelle » attribuée à la Déclaration qui faillit n’être qu’internationale. Il voulait ainsi souligner que les droits affirmés ne concernaient pas des citoyens, ressortissants d’États, mais des individus appartenant à une même fratrie.

Il y a eu cependant des critiques :

– Les droits de la femme ne sont pas développés. Notons que Olympe de Gouges qui a écrit en 1791 une « déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne » et lutté toute sa vie pour les droits des femmes, a été guillotinée ! Mais en 1948 l’égalité des droits des hommes et des femmes sont affirmés dans le préambule de la Déclaration.
– Il n’y a pas de garanties juridiques.
– Il n’est pas question d’une application différenciée en fonction des cultures.
– La peine de mort est passée sous silence.

Comme le précise son Préambule, la DUDH est un idéal à atteindre. Et elle n’a pas fini de cheminer dans les consciences : elle sera complétée, améliorée au fil des années par d’autres textes qui prendront en compte diverses revendications.


2- L’élargissement des droits

Nous allons évoquer dans les grandes lignes quelques étapes significatives :

Compléments à la DUDH

1950 : la Convention européenne des droits de l’homme permet un contrôle judiciaire du respect de ces droits.
Il s’agit là du premier texte contraignant protégeant certains droits reconnus par la DUDH. Le respect des obligations par les États parties est contrôlé par la Cour européenne des Droits de l’homme (CEDH).
Notons que si la DUDH est muette sur la peine de mort, la CEDH l’a abolie.

1966 : Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Droit des personnes

  • L’enfant
    Après la Déclaration des droits de l’enfant de 1959, la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 repose sur 4 principes : la non-discrimination ; l’intérêt supérieur de l’enfant ; le droit à la vie, à la survie et au développement ; le respect des opinions de l’enfant sur toute question qui le concerne.
  • La femme
    Novembre 1967 : La Déclaration universelle des Droits de la Femme affirme : « La discrimination à l’égard des femmes, du fait qu’elle nie ou limite l’égalité des droits de la femme avec l’homme, est fondamentalement injuste et constitue une atteinte à. la dignité humaine. » (art 1).
  • La diversité culturelle
    – 21 octobre 1986 : l’Afrique a adopté sa Charte des Droits de l’Homme et des Peuples selon une « perspective africaine », tout en reconnaissant la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
    – 2007 : la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones affirme qu’ils sont libres et égaux à tous les autres, ne devant faire l’objet d’aucune discrimination.

Droits des règnes de la Nature

  • L’animal
    – 1978 : la Déclaration des droits de l’animal souligne que « le respect des animaux par l’homme est lié au respect des hommes entre eux »
    – 29 mars 2019 : la Déclaration de Toulon, clôture un colloque universitaire, sur la personnalité juridique de l’animal : l’animal est un sujet de droit en tant qu’être vivant et non une chose
  • La nature
    – 28 octobre 1982 : la Charte mondiale de la nature affirme l’importance pour la survie de l’humanité de la protection de la
    – 2000 : la Charte de la Terre soutient que la
    – Après Rio, les « droits de la Nature » sont abordés dans la Conférence de l’ONU « Rio+ 20 » en 2012 sur le développement durable.
    – 26 mai 2021 : la Charte du droit du vivant (Toulon), rappelle la nécessité de maintenir un équilibre entre les intérêts des humains, des animaux et de la Nature. Il s’agit d’assurer la transition d’un droit « sur » le vivant à un droit « du » vivant.

Le climat, l’environnement

– 2010 : la Déclaration universelle des droits de la Terre-Mère a été formulée lors de la Conférence mondiale des peuples (Bolivie) contre le changement climatique à l’initiative des peuples amérindiens Elle part du principe qu’on ne peut reconnaître des droits aux hommes sans reconnaître des droits à la nature, sauf à entraîner un déséquilibre.

– 28 juillet 2022 : résolution historique déclarant que l’accès à un environnement propre, sain et durable est un droit humain universel. Progrès dans la lutte collective contre la triple crise planétaire que sont le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution.

Cet élargissement progressif des Droits atteste de nouvelles prises de conscience et d’une évolution positive des mentalités. Les hommes, les animaux, la terre sont interdépendants.
Bien sûr, Déclarations, Conventions et Chartes ne sont pas des baguettes magiques ! De l’adoption des principes à une mise en pratique planétaire, le cheminement est en dents de scie comportant des avancées dans certains domaines, des reculs dans d’autres avec des transgressions comme nous en voyons en temps de crise.

 

II- LES DROITS DE TOUS : UN COMBAT A CONTINUER

Les Droits de l’Homme sont une conquête permanente. Un combat pour la justice et pour la paix. Car sans justice, il n’y a pas de paix.

1- Violations actuelles des droits de l’homme

La Loi du plus fort n’a pas fini de perpétrer les actes de domination. La Loi du Profit continue à se nourrir des inégalités, de la corruption et de la destruction des ressources.

Quelques exemples :

– « Depuis la convention des droits de l’enfant il y a 34 ans, les droits de l’enfant n’ont jamais été autant menacés » a déclaré la directrice de l’Unicef. Selon l’UNICEF, « depuis 2005, au moins 120 000 enfants à travers le monde ont été tués ou mutilés en raison d’un conflit, soit une moyenne de près de 20 enfants par jour. » (Juin 2023)

– À l’échelle mondiale, les femmes ne disposent toujours que des trois quarts des droits juridiques accordés aux hommes. Près de 2,4 milliards de femmes dans le monde ne possèdent pas les mêmes droits économiques que les hommes- communiqué de presse du 1er mars 2022.[1] Plus de 60% des personnes vivant dans l’extrême pauvreté sont des femmes [2] . Sans compter le nombre de féminicides…

– Les guerres entraînent des violences sur les civils, l’enrôlement d’enfants, des crimes contre l’humanité, des génocides.

– En mai 2022, plus de 100 millions de personnes étaient déracinées à travers le monde en raison de persécutions, de conflits, de violences, de violations des droits humains ou de graves perturbations à l’ordre public. (Agence des Nations Unies pour les réfugiés) Autant de personnes dont le droit à la vie est bafoué.

« Les braises du racisme, de la misogynie, des inégalités et de la haine continuent à menacer notre monde » (HCNU, journée des droits de l’homme 10/12/23).

Mais il faut aussi prendre en compte les victoires, les avancées vers plus de solidarité, de fraternité qui se traduisent dans des faits.

 

2- Des avancées

Quelques exemples :
– L’éducation et la santé 
Selon une déclaration du Haut -commissaire des Nations -Unies aux droits de l’Homme pour le 75ème anniversaire de la DUDH : « Des progrès considérables ont été réalisés en matière d’éducation et de santé » (P3).

– La lutte contre la pauvreté
Des progrès, mais entravés par les crises que traverse le monde.

« Si l’extrême pauvreté a largement reculé ces trente dernières années, nous sommes encore loin d’atteindre l’objectif de développement durable visant à éradiquer la pauvreté dans le monde (ODD-n°1-Objectif de développement durable -n°1; OXFAM, « La pauvreté dans le monde en 2023 : causes conséquences… » « La pauvreté dans le monde n’est pas une fatalité-3mars 2023 »).

– L’Abolition de la peine de mort 
Selon France diplomatie, la prise de conscience mondiale en faveur de l’abolition progresse sur tous les continents indépendamment du type de régime politique, du niveau de développement ou de l’héritage culturel [3]
De plus, il y a une dizaine d’années, de nouveaux droits sont nés. Les droits de la 3éme génération dits « Droits de solidarité ». Il s’agit de droits collectifs : droit au développement, droit à la paix, droit à l’aide humanitaire, droit à un environnement sain. Tous ces droits sont un appel à la solidarité. Ils sont à la fois une nécessité mais aussi la résonnance d’une avancée des mentalités.

Déjà, en 1986 Mme Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, déclare : « Il reste beaucoup de chemin à parcourir mais au cours des 70 dernières années, l’humanité a fait un millier de pas en avant. » Des pas en avant, heureusement il y en a eu d’autres, mais le combat continue : plus que jamais dans ce monde en mutation, il faut résister à ce qui bafoue la dignité humaine et développer la solidarité internationale.

 

III- L’AUMISME ET LE RESPECT DE TOUT CE QUI VIT

Selon l’Enseignement aumiste, ce combat pour le changement de mentalité est le combat fondamental de l’Age d’Or : un combat intérieur pour se libérer de ses propres préjugés qui va de pair avec la résistance à toute forme de haine et de violence à l’extérieur.

C’est le respect de tous les êtres humains et de la vie sous toutes ses formes qui non seulement sauvera la planète mais permettra à l’humanité de construire un monde plus libre, plus fraternel.

 

1- L’affirmation du droit universel au respect

Le fondement du respect c’est que le Divin est en chaque être humain et dans l’entière création.

Tous les humains ont droit au respect

Le Seigneur HAMSAH MANARAH dit à chacun :

« Exprime en toi cette solidarité universelle qui fait transcender les notions de race, de nations, de civilisations, de religions. » [4]

« La notion de supériorité de l’homme sur la femme appartient intégralement à l’Age de Fer. »[5] « Tout homme, toute femme mérite notre respect. »[6] Et cela, quelles que soient son origine, sa culture, sa religion.

Le respect est dû à l’enfant qui a droit à la protection. Il a droit à une éducation épanouissante associant l’amour à la fermeté et les valeurs humaines au sens de l’effort (voir en particulier Le Yoga de la vie pratique).

La Nature a droit au respect.
Elle est vivante, elle est aujourd’hui malade d’être surexploitée, polluée. Et elle réagit à la manière dont on la traite.

 

2- Les droits humains vont de pair avec des devoirs

S’ils revendiquent à juste titre la reconnaissance de leurs droits, il faut aussi que les humains soient conscients de leurs devoirs : « L’Homme, dit le Seigneur HAMSAH MANARAH, doit dans son cœur et dans son esprit remplacer le droit qu’il revendique par le devoir à accomplir ». Et chacun a le devoir de se transformer pour aider l’humanité à progresser dans la voie du respect.

Entre autres exemples, le livre L’Aumisme, la Doctrine de l’Age d’Or qui apporte des solutions aux problèmes actuels de nos sociétés propose un « Code d’honneur de l’Homme face aux règnes de la nature » (p.206 ) ; une éthique pour le scientifique des temps nouveaux (p.175) ; des conseils pour les parents qui doivent préparer les enfants à l’Age d’or (p. 235 etc.); et un « Code des jeunes Chevaliers de la paix » (p. 248 ) qui incite les jeunes à respecter une discipline et des valeurs pouvant assurer à la fois leur équilibre et un avenir meilleur pour l’humanité.

Ne l’oublions pas : les responsabilités sont collectives mais nécessitent le travail sur soi de chacun : « Un meilleur ordre dans le monde ne saurait s’obtenir et durer sans une transformation de l’individu ».[7]

Il est indispensable d’agir au niveau des Gouvernements. Les prises de conscience des problèmes causés par le non-respect des droits grandissent dans le monde. Mais c’est lent. Malgré les épreuves qui appellent à l’unité, les divisions persistent.

Les pandémies, les cataclysmes, les pollutions, le réchauffement climatique, les migrations n’ont pas de frontières. Si les difficultés renforcent le mépris des droits de l’humain et du vivant, c’est la pente de l’autodestruction. Mais les difficultés peuvent heureusement être l’occasion de favoriser une véritable coopération des nations au service de l’entière humanité. C’est ce qu’il faut souhaiter et favoriser à travers nos actions.

A propos du tsunami du 26 décembre 2004, Edgar Morin disait : « Ce jour-là, nous avons pris conscience de notre communauté de destin terrestre. Reste à enraciner dans les esprits l’idée de la Terre-patrie commune, qui ne détruit pas les autres patries, mais qui les englobe et les embrasse. »

Plus que jamais l’humanité a besoin d’une prise en charge des questions internationales par une assemblée de sages de tous les pays, soucieux de l’intérêt planétaire – ce que propose le Seigneur HAMSAH MANARAH.

Ces aspirations se révèlent particulièrement dans les épreuves qui appellent à la solidarité. Mais pour les enraciner dans le quotidien, l’éducation au respect de tout ce qui vit est indispensable.

Dans cette perspective, l’Enseignement aumiste fait cheminer adultes et enfants vers l’unité dans le respect des différences. Les deux sont indissociables pour construire un avenir qui, peu à peu, donnera toute sa place au respect des droits de l’humain et de la nature.

 

POUR CONCLURE

En période de crise, se fixer exclusivement sur la violence de ceux qui s’acharnent à déverser la haine n’apporte aucun secours.
Il est important de voir les êtres et les événements évoluer dans la durée, étape par étape.
Il est important d’entendre les voix qui appellent à la solidarité. De reconnaître et de soutenir les efforts des hommes et des femmes qui partout dans le monde défendent courageusement les droits de tous.

Les prises de conscience sont de plus en plus nombreuses et, comme nous l’avons vu, elles font évoluer les mentalités sur le long terme. Il faut accélérer cette évolution afin qu’elle change en profondeur les comportements.
L’espoir est le meilleur carburant de la volonté. Et c’est le moment pour nous d’affirmer la volonté de construire envers et contre tout un monde plus juste.
Les droits de l’Humain élargis aux droits du Vivant sont un combat, le combat de notre génération, qui doit inspirer les générations futures.

 

 

V. SHAMBARA
Conférencier

[1] https ://www. banquemondiale.org >news>. Rapport de la Banque mondiale les femmes, l’entreprise et le droit.

[2] https://www. oxfamfrance.org >inégalités- et- justice -fiscale

[3] https-://www.diplomatie.gouv.fr Droits de l’homme « Abolition de la peine de mort » -mise à jour 2022-

[4] Une Loi pour détruire le mal, p. 61

[5] L’Aumisme la doctrine de l’Age D’or, p.229

[6] La Révolution do monde des vivants et des morts, p.460

[7] Yoga et Sagesse, p. 241