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L’EDUCATION, QUELLE CONTRIBUTION A LA PAIX ?

« L’avenir repose sur l’éducation qui sera donnée aux générations futures[1]», affirme le Seigneur HAMSAH MANARAH : c’est le fer de lance du changement de mentalité indispensable pour sortir de l’engrenage des guerres et aller vers une paix véritable, celle de l’Âge d’Or.
Il ne s’agit pas de mettre la barre trop haut. L’éducation est une aventure partagée où adultes et enfants s’enrichissent mutuellement à travers les hauts et les bas de toute existence humaine. Elle demande de l’humilité, l’acceptation de l’imprévu.
L’enfant fera ses propres choix. Mais nous pouvons lui donner des outils pour qu’il prenne ses distances par rapport à des conditionnements limitants et participe librement à la pacification du vivre-ensemble.
Voici donc quelques repères utiles pour l’aider
1.- à être acteur de sa vie, 
2 – à devenir acteur de la paix. 

 

AIDER L’ENFANT A ETRE ACTEUR DE SA VIE

 A la base de l’éducation, quelles que soient les circonstances, il y a un amour sans condition qui sait poser des limites – son importance a été soulignée dans le témoignage d’une éducatrice :« Jeunes en rupture, restaurer le lien social ».  

Sans y revenir, insistons ici sur la nécessité du dialogue qui mène l’enfant ou l’adolescent à réfléchir. Car le défi aujourd’hui, c’est de favoriser sa socialisation en lui évitant le formatage des habitudes de penser et d’agir qui ont généré tant d’égoïsme et de violence dans notre humanité.
D’où l’apprentissage du discernement, du sens des responsabilités et de l’effort qui sont essentiels dans l’Enseignement aumiste.

Le discernement

Hamsananda, Félicité dans l’Absolu est le Nom initiatique du Seigneur HAMSAH MANARAH. Hamsah signifie l’Absolu et aussi le Cygne qui, dit-on, peut séparer le lait de l’eau, distinguer le vrai du faux : dans l’Aumisme le discernement est une vertu spirituelle.
– Le discernement se développe au quotidien, en toute situation
Dans un monde où fake- news, intox, propagandes, poussent à des réactions souvent grégaires et violentes, cet apprentissage doit commencer dès le jeune âge.
Il est bon de poser des questions à l’enfant pour qu’il trouve en lui-même des réponses.
Il apprendra peu à peu à se connaître et prendra l’habitude d’exercer en tout son discernement.

– Un exemple : le discernement face aux écrans
Le fondateur de l’Aumisme souhaite que les enfants s’intègrent à la société et vivent avec leur temps. Mais Il insiste sur « la liberté de jugement qu’il faut sauvegarder à tout prix comme étant garante des libertés fondamentales de l’homme, de la femme vivant dans un univers très médiatisé.[2] » Concernant les réseaux sociaux, si certains contenus sont intéressants, nombre de scientifiques, preuves à l’appui, alertent sur les risques de l’addiction.

Que faire pour la prévenir chez les jeunes ?
Ne pas se montrer soi-même addict aux écrans. Eviter d’en faire des baby-sitters pour les plus petits !
Poser des règles avant que soient prises des habitudes nocives.
Discuter avec l’adolescent de ce qui l’intéresse sur les réseaux sociaux comme ailleurs, l’inciter à réfléchir par lui-même sur les contenus, leurs sources, et sur les risques possibles. [3]
Exprimer son affection : s’il se sent reconnu dans son milieu, aidé en cas de difficulté, le jeune échappera mieux à la dépendance affective face aux réseaux sociaux… ou à l’IA qui joue les confidentes.
Dans tous les cas, pour prévenir les dépendances qui coupent du monde et accentuent les fragilités psychologiques, proposons des activités qui développent les compétences sociales, sportives et créatives. C’est l’objectif du défi «10 jours sans écrans » lancé il y a plus de 20 ans dans les écoles du Québec et plus tard en France.

Retenons que les contenus des médias, des réseaux sociaux, de l’IA sont directement connectés au niveau de conscience morale de ceux qui les produisent et de ceux qui les consomment.
S’entendre sur une éthique internationale est indispensable.
Il importe aussi de miser sur l’éducation, de transmettre les valeurs de la paix aux enfants qui sont les futurs concepteurs et utilisateurs des univers médiatiques et virtuels ! Le Seigneur HAMSAH MANARAH nous avertit : « Elever le niveau moral de l’humanité en saturant le mental des humains de pensées optimistes, fraternelles, unitaires, constructives est devenu une urgence. » [4] 

Le sens des responsabilités

Avec la quête du profit, l’hyperconsommation crée le besoin constant d’une satisfaction immédiate, sans souci de voir les inégalités se creuser, les ressources naturelles s’épuiser, etc.
Pour sortir d’une telle irresponsabilité, il faut réintroduire le long terme et l’intérêt collectif.

Une prise de conscience : le rapport de cause à effet
– Tout acte a des conséquences 
La vie l’enseigne à tout instant. Il s’agit de commenter avec l’enfant certains faits de la vie quotidienne ou de l’actualité, en cherchant leurs causes bonnes ou mauvaises, parfois lointaines.

– La réflexion aide à prévoir les conséquences
On peut inciter l’adulte en herbe à réfléchir avant d’agir.
Pour lui-même, il s’interrogera sur les bénéfices et les risques d’une action.
Pour autrui, il développera l’empathie : « Que va ressentir untel ? Et si j’étais à sa place ? »  [5]
Pour la collectivité, il n’oubliera pas de se dire : « Si tout le monde faisait comme moi, que se passerait- il ? »

Ainsi, comprenant au fil de sa vie que les actions rejaillissent à la fois sur celui qui les réalise, sur les autres, la société et l’avenir commun, l’enfant forgera son sens des responsabilités.

Le sens de l’effort

Trop d’humains cherchent aujourd’hui à fuir les difficultés dans des comportements autodestructeurs qui fragilisent la société. Le Seigneur HAMSAH MANARAH incite les jeunes en particulier, à refuser toute drogue et à prendre leur vie en main. « Volonté, courage, ténacité, dit-Il, devraient être les mots d’ordre des enfants et adolescents de l’Âge d’Or. »[6]
Mais comment donner à l’enfant le goût de l’effort ?

– Encourager son désir de grandir
L’aider à cultiver des pensées positives – Le livre Le Yoga de la vie pratique propose nombre de techniques efficaces.
Soutenir son ambition de réussir, dans le respect des autres.

 – Valoriser ses efforts
Ne pas figer l’enfant dans l’échec ni dans l’erreur mais l’encourager à faire l’effort de se relever, de changer de perspective, de comportement.
Lui apprendre que les leçons d’un échec préparent le prochain succès. 

Afin de développer la force d’aller de l’avant, le Seigneur HAMSAH MANARAH donne une Clé précieuse à la fois pour les jeunes et les adultes : « Il faut prendre l’attitude du vainqueur. Ne craignez pas d’aller de l’avant. Branchez votre esprit sur le courant émanant de la Source divine, la Puissance infinie qui régit tout, alors vous serez plus fort devant l’épreuve, les obstacles s’évanouiront devant vous » [7]

 

AIDER L’ENFANT A DEVENIR ACTEUR DE LA PAIX

Selon Kant : « On ne doit pas élever les enfants d’après l’état présent de l’espèce humaine, mais d’après un état meilleur, possible dans l’avenir, c’est à dire d’après l’idée que l’on se fait de l’humanité. [8]» Aujourd’hui, il s’agit de préparer un changement qui permettra à l’humanité d’exprimer enfin le meilleur d’elle-même. Le rôle de l’éducation est donc de transmettre des valeurs humaines, celles d’une citoyenneté élargie au monde, sans oublier la valeur du bonheur.

Les valeurs humaines

« C’est parce que l’Amour est absent des relations humaines que l’humanité persiste encore dans les ténèbres de la guerre de l’intolérance, de la haine »[9], dit le Seigneur HAMSAH MANARAH.
Pour briser l’engrenage des violences, il est nécessaire de choisir en conscience ses principes de vie.

– Des valeurs fondées sur le respect mutuel
Il importe que les parents, les enseignants, développent le sentiment de fraternité chez tous les enfants : « Les éduquer dans le sens de la tolérance du respect de chacun, de l’amour vrai et de l’entraide, c’est leur donner le caractère qui rendra la société meilleure. » [10]  
La paix implique « la culture de la non-violence, l’absence de racisme, de la sympathie pour toutes les nations, le respect de toutes les croyances et religions, l’Amour universel. »[11]
L’exemple des adultes est indispensable pour aller à contre-courant des préjugés : l’apprentissage du respect entre filles et garçons, entre enfants d’origine et de cultures différentes, se fait tous les jours, surtout à l’école.

– Une non-violence bien comprise
La non-violence n’abolit pas les conflits. Mais la confrontation verbale peut éviter d’en venir aux mains et favoriser la réconciliation.
La non-violence n’abolit pas la résistance. « Les enfants ne doivent pas confondre bonté et faiblesse. »
Refuser la vengeance et la haine n’empêche pas de se défendre ou de défendre les autres. Pour garçons et filles les arts martiaux aident à dépasser la peur.

Dans une perspective aumiste, dire à l’enfant que l’étincelle divine est présente en lui et dans les autres, renforce l’apprentissage du respect incontournable pour sortir des divisions. Incontournable pour cheminer vers l’amour de tous les êtres.

 

Les valeurs d’une citoyenneté élargie au monde

Elles développent chez le jeune le sentiment d’appartenance à l’entière humanité : « Chaque contrée est un domaine de l’immense famille humaine, la sienne. Il s’arrête à ce qui rapproche les hommes au lieu de les diviser. Il aime fidèlement son pays et s’applique à être un citoyen consciencieux, soucieux d’accroître sa valeur morale, intellectuelle, spirituelle, son efficience. Mais il n’oublie pas qu’il est un citoyen du monde et de l’univers. » [12]

– La bienveillance envers tous les règnes.
Un colloque a déjà été consacré à l’écologie, « Changeons pour sauver la planète ». Voici un petit rappel : selon l’Aumisme, la Conscience se développe à travers des vies successives dans les règnes minéral, végétal et animal jusqu’à l’humain. Ce dernier a le devoir de protéger la nature qui a servi de cadre à son évolution. Vivante, elle réagit à l’amour comme au mépris et les animaux maltraités deviendront des humains violents perpétuant les guerres. Il faut donc cesser de les maltraiter, en prendre soin.
Indépendamment de l’Aumisme, l’amitié entre l’enfant et l’animal est un bonheur. Et le jeune qui aime les animaux et la nature entière, s’efforcera plus tard de réconcilier les humains avec leur environnement.
Selon la Charte de la Terre, (2000) « La paix est la plénitude créée par des relations justes avec soi-même, avec autrui, avec les autres cultures, avec le vivant, avec la Terre et avec le tout dont nous faisons partie. » [13]      

– La bienveillance envers tous les peuples
Comment la famille peut – elle aider l’enfant à l’exprimer ?
Par l’envoi de pensées d’amour, par exemple : « Que l’amour, la paix, l’harmonie, la fraternité règnent entre tous les hommes, tous les peuples, toutes les nations », sachant que « souhaiter le bonheur, la prospérité pour tous favorise son propre bonheur. » [14]
Par la prière qui rayonne au-delà des frontières : dans l’Aumisme, le OM se répète à tout âge.
Par la contribution à des actions solidaires.

Ne l’oublions pas, cultiver les valeurs de la paix demande des efforts. Nous l’avons vu au cours d’un précédent exposé, la conquête de la paix intérieure implique de dépasser sa propre violence. Pour en faire prendre conscience aux plus jeunes, résumons une histoire amérindienne. Un grand-père dit à son petit- fils qu’en chaque être deux loups s’affrontent : celui de la bonté, de l’amour, de la paix et celui de la méchanceté, de la haine, de la guerre.
« Qui est-ce qui gagne à la fin ? demande le petit. – Celui que tu choisis de nourrir ! »

 

La valeur du bonheur

Le Seigneur HAMSAH MANARAH associe l’apprentissage des valeurs humaines et spirituelles à celui du bonheur. Cultiver le bonheur est un devoir envers soi et les autres car il se communique. C’est une forme de résistance au pessimisme qui déprime et se communique aussi.
Comment favoriser chez l’enfant l’aptitude au bonheur ?

– Proposer un exemple attractif 
Des adultes qui s’aiment, se respectent, règlent leurs conflits sans rancune, expriment de la joie malgré les aléas de la vie, donnent envie d’imiter ce modèle.
L’exemple attractif offre encore une expérience positive : « Aimez-vous les uns les autres… comme je vous ai aimés », dit le Christ à ses apôtres. 

– Proposer des sources d’épanouissement 
S’alléger de la culpabilité et du ressentiment par la réparation, le pardon.
Vivre pleinement le présent sans laisser libre cours à une imagination catastrophiste …
Cultiver, même dans les difficultés, un optimisme qui, tout en restant conscient de la réalité, apporte espérance et confiance, aide à saisir les opportunités, à mieux surmonter les épreuves.
Exprimer l’attention aux autres qui attire la sympathie de l’entourage et bonifie les relations. 

L’enfant qui sait apprécier les petits bonheurs de sa vie peut les partager et il partage en retour la joie des autres. Une manière de découvrir peu à peu que « celui qui aime son prochain est l’homme le plus heureux du monde. » [15]

 

CONCLUSION  

 Au final, cette éducation à la paix répond aux besoins fondamentaux de l’être humain classés par le psychologue Maslow sous forme de pyramide. De bas en haut : besoin de sécurité, d’intégration sociale, d’estime, d’amour, et au sommet, d’accomplissement de soi.
L’accomplissement de soi, le but de la vie, c’est ici de devenir pleinement humain en développant de plus en plus d’amour. Jusqu’à devenir, suivant le cheminement spirituel de l’Aumisme ou d’autres traditions, un pur canal de l’Amour divin.

Celles et ceux qui offrent aux plus jeunes les moyens de cultiver l’amour et la force de devenir acteurs de la paix, sont eux-mêmes des acteurs de la paix. 
C’est pourquoi le Seigneur HAMSAH MANARAH bénit les familles qui assument cette responsabilité.
Et cette bénédiction s’étend à tous les membres de la grande famille humaine, parents ou pas, qui s’efforcent contre vents et marées, de préparer pour les générations nouvelles, un avenir pacifié.

V. Mandaja

 

[1] L’ Aumisme, la Doctrine de l’Age d’Or, p. 243

[2] Le Flambeau d’Unité, p. 200

[3] cf sites Unesco, Unicef, Centre pour l’éducation aux médias et à l’information

[4] Le yoga de l’amour dans la Force, p. 302

[5] Cf. https://eduscol.education.fr/document/53961/download  2024  kit pédagogique pour les séances d’empathie à l’école »,

[6] Une loi pour détruire le mal, p. 339

[7] L’Unité des Visages de Dieu, p.282

[8] E. Kant, Réflexions sur l’éducation.

[9] La Révolution du monde des Vivants et des Morts, p. 344

[10] Vers un Age d’Or d’Unité, p.143 

[11] Le Yoga de la vie pratique, p. 277, 

[12] Idem, p. 279

[13]La Charte de la Terre est une déclaration internationale de valeurs et principes fondamentaux jugée utile par ses partisans pour construire un monde juste, durable et pacifique au XXI e siècle.

[14] Le Yoga de la vie pratique, p. 166 et 173

[15] Vers un Age d’Or d’Unité, p.146