Pourquoi ce thème du 15ème Colloque international de l’Aumisme :
« Ensemble pour la paix » ?
La paix a bien sûr pour signification l’arrêt des guerres et on ne peut nier le rôle de ceux qui sont à la tête des nations.
Mais que se passe-t-il quand, après la guerre, la paix ne change rien aux désirs de domination, de discrimination, de profit à tout prix, qui depuis trop longtemps dénaturent les relations entre les humains ? Hé bien, cette accumulation de haines et de violence va continuer à déchirer les sociétés et susciter de nouvelles guerres ! Comme dit Voltaire, « L’humanité, pour l’instant, n’a jamais connu la paix ; seulement des entre-deux-guerres » !
Pour que la paix devienne enfin véritable, c’est-à-dire durable et profitable à tous, un changement de mentalité est nécessaire, qui puisse déraciner la haine dans les pensées et les actions humaines. Qui aide à résoudre les conflits sans rentrer dans la spirale sans fin des vengeances.
C’est pourquoi, au-delà de l’arrêt des guerres, la paix comme modalité du vivre-ensemble, ou plutôt de l’être- ensemble, doit se construire sur le long terme. On voit aujourd’hui où mène l’adage « Qui veut la paix prépare la guerre », il est peut-être temps de se dire : « Qui veut la paix prépare la paix. » C’est de cette démarche dont nous parlerons ici parce qu’elle nous concerne toutes et tous.
A la question : « pouvons-nous contribuer à la paix ? », la réponse est oui.
Le défaitisme est notre pire ennemi. Même dans des situations extrêmes, la paix reste une boussole, celle de l’amour. Je citerai l’exemple d’une femme qui, face à des bombardements, disait encore : « On peut toujours offrir la lumière de ceux qui œuvrent pour la paix dans un monde de violence ».
Par ailleurs, on parle couramment de la guerre et de la paix comme s’il s’agissait d’événements extérieurs à nous-mêmes. Mais nous sommes tous reliés au sein de la même humanité. Les choix quotidiens de chaque être humain alimentent dans le monde les courants de la peur, du défaitisme, de la haine, de la guerre ou bien ceux de l’espoir, du courage, de l’amour, de la paix.
L’humanité n’en peut plus des violences qu’elle s’inflige à elle-même sans entendre les sirènes d’alarme.
Impossible de continuer dans le sens de l’autodestruction.
Il faut maintenant quitter l’Age des guerres, du mépris, des souffrances, changer de cap, vivre pleinement dans l’Age du respect, de la solidarité nécessaires à la paix, appelé Age d’Or, Ere du Verseau ou nouvel Age. Il est attendu dans toutes les traditions – et il est souhaité par tellement d’êtres humains dans un monde qui a besoin d’amour !
Aujourd’hui, on ne peut plus dire que c’est un mythe ou une utopie, c’est une urgence.
Alors, comment pouvons-nous contribuer à la paix ?
Sans que ce soit exhaustif, ce colloque évoque des pistes de réflexion et d’action inspirées par l’Enseignement aumiste. La paix se conquiert, se cultive. Préparer la paix c’est déjà exercer en soi-même sa liberté de choix en travaillant à maîtriser ses propres réactions de violence, en cultivant la paix intérieure. Des moyens sont proposés pour y parvenir.
Le choix du respect mutuel est abordé à propos de la tolérance religieuse : c’est un pas indispensable vers la paix.
Autre point important : la paix pour être durable, doit mettre l’intérêt humain (plus que l’intérêt tout court) au centre des préoccupations planétaires.
Pour réduire les inégalités qui sont sources de souffrances, de violences au sein des sociétés et entre les nations, il est question de la justice économique.
Est aussi abordée l’importance d’une science qui fait le choix vital de protéger la Terre
Ce colloque souligne la nécessité d’un changement de mentalité. D’où le choix d’éduquer les enfants aux valeurs de la paix – en soulignant qu’un départ difficile n’enferme pas dans un déterminisme.
Les intervenants extérieurs à l’Aumisme que nous sommes très heureux d’accueillir ont tous des cheminements différents mais ils ont en commun l’ouverture d’esprit… Ils vont tour à tour nous présenter la paix comme une exigence profondément spirituelle ; la paix sous l’angle de l’histoire impliquant la vigilance face aux propagandes de guerre ; et sous l’angle sociologique qui nourrit une réflexion fructueuse.
Pourquoi le mot « ensemble » ?
L’humanité n’est pas réductible pour toujours à ses zones d’ombre, à ses divisions, à ses violences. Elle a besoin d’exprimer sa lumière, le meilleur d’elle-même. Des femmes et des hommes le font déjà là où ils se trouvent. Mais il faut être de plus en plus nombreux à livrer le combat quotidien de la paix.
Nous n’avons plus le temps de continuer à nous disputer, à nous exclure, à nous faire payer mutuellement nos différences de couleur, de sexe, de culture, de religion…
Nous avons à bâtir en unité les fondations de la paix sur une transformation personnelle et collective patiente, régulière, profitable pour tous.
Et c’est possible si nous voyons d’abord ce que nous partageons : la condition humaine de la naissance à la mort avec ses dérives, ses folies, ses chutes, ses épreuves, mais aussi ses prises de conscience, ses espoirs, ses nouveaux départs et ses victoires… Au-delà des aléas de l’existence, nous avons tous la capacité d’évoluer vers une pleine humanité et de nous entraider pour garder le cap de la paix à conquérir !
Arrêtons de nous focaliser sur les différences qui deviennent des oppositions et font oublier notre appartenance commune à la même humanité.
Le Seigneur Hamsah Manarah, fondateur de l’Aumisme, nous répète :
« L’unité n’est pas l’écrasement de ceux qui ne pensent pas comme vous
mais bien la réconciliation de tous ceux qui pensent différemment,
tout en unissant leurs efforts pour un monde meilleur. »
C’est pourquoi l’Aumisme rassemble des hommes et des femmes de bonne volonté, de diverses origines religieuses et géographiques pour qui Dieu, au-delà des projections humaines, est le même pour tous et présent en chacun.
Pour préparer la paix ensemble, le point commun nécessaire, c’est l’ouverture du cœur et de l’esprit.
Et ce qui est encourageant lors de ce colloque, c’est qu’il réunit des croyants de traditions différentes et des athées, c’est que la paix nous rassemble quelles que soient nos convictions.
« Chacun est responsable de l’avenir, dit le fondateur de l’Aumisme,
Que chacun fasse son choix :
Pour ou contre l’Unité ! Pour ou contre la haine !
« Le temps presse, il faut changer de mentalité »
