COMMENT SE PREPARER A LA MORT, COMMENT AIDER UN MOURANT
C’est un sujet qui nous concerne tous mais c’est aussi un des plus chargés émotionnellement car la mort est ou était notre plus grande peur – était car certains et en particulier ceux et celles ayant expérimenté une EMI (expérience de mort imminente) n’ ont plus cette peur… Toutes nos autres peurs nous renvoient à cette peur de la mort. Je vous invite donc en vous détendant, à faire 30 secondes non pas seulement de silence mais de sourire de Bouddha …. pour amener plus de sérénité sur votre visage , vous détendez les muscles du visage …, les lèvres se desserrent, vous esquissez un léger sourire , vous êtes plus calme ce qui vous permet de prendre un peu de distance par rapport à votre corps, et à vos émotions concernant notre sujet… Nous sommes pour la plupart attachés à la vie : la quitter , se détacher est cause de souffrance et nous avons peur de l’inconnu, d’où aussi l’utilité de ce Colloque.
Dans le cadre de cet exposé nous ne parlerons pas des morts subites et accidentelles. On prépare une naissance , on doit autant que possible préparer sa mort, la fin de cette vie terrestre quand la porte va s’ouvrir sur un autre monde…
Il y a 3 aspects à envisager :
– nous avons peur de souffrir de notre propre mort, de ce que l’on appelle « l’agonie. »
– nous avons peur aussi du départ de proches aimés , que ce soit des humains , ou des animaux
– et nous avons peur de mourir sans avoir « réussi » notre vie .
C’est pourquoi pendant ce colloque nous nous interrogeons sur le «bien vivre » et il faut aussi nous pencher sur le « bien mourir ». « Il y a un art de mourir comme il y a un art de vivre. Mais les hommes et les femmes de notre époque semblent les avoir tous deux oubliés : la vie se passe à courir de plus en plus vite et l’on arrive devant la tombe sans avoir le temps de vivre … ».[1] Nous devons nous préparer à quitter notre corps physique et à aider les autres : savoir assister un mourant fait partie pour les aumistes d’un des plus grands services que nous puissions rendre à autrui. Cependant , pour mieux aider autrui, il est nécessaire de s’alléger soi même de la peur de la mort, d’intégrer l’attitude mentale favorisant une certaine sérénité : plus on s’est préparé soi même, plus on a aussi préparé ceux que l’on aime .
Nous allons donc traiter 2 parties qui sont liées :
1 – Comment se préparer soi même à la mort
2 – Comment aider un mourant
I – COMMENT SE PREPARER SOI-MEME
Pour relativiser, permettez moi de citer ces conseils de notre Maître Spirituel, conseils de bon sens universels mais à nous remettre sans cesse en mémoire :
« Prendre conscience du caractère impermanent des choses. L’homme n’emportera pas dans l’autre monde sa voiture , son chien , son palais , sa maison , ses éventuelles richesses. L’attachement à ce qui est périssable , aux objets, paralyse l’évolution et génère la souffrance …
– l’homme doit se considérer durant toute sa vie comme le gérant provisoire des biens que la Providence , le destin lui ont accordé de posséder….
– considérer la brièveté d’une vie et son caractère fragile. Comparé au cycle de vie des étoiles , une existence humaine est un clin d’oeil dans l’univers .
– se libérer de l’attachement aux êtres, aux objets, aux plaisirs des sens » [2]
Ceci est un travail sur soi de toute une vie et nous sommes en chemin, la vie pouvant être considérée comme une école de perfectionnement.
Le Seigneur HAMSAH MANARAH nous rappelle certains points pour développer plus de sérénité . Par exemple, cultiver la bienveillance. Selon un texte bouddhiste : « l”homme qui a cultivé la bienveillance , qui a médité sur la bienveillance, dort heureux, se réveille heureux, vit heureux , meurt heureux.» Cultiver la bienveillance, la compassion, chercher l’Unité derrière la diversité apparente et répéter souvent le son OM vont nous aider chaque jour de notre vie. Très concrètement les aumistes font en complément de la prière du OM, un travail d’autosuggestion inspiré par la philosophie du Vedanta, il s’agit de sortir du processus d’identification à notre moi physique, à notre personnalité et de nous identifier au grand Moi en nous , reflet de la Conscience absolue .
Voici quelques extraits de l’affirmation que nous pouvons répéter ( elle est basée sur NETI NETI, ni ni ,d’une part et de l’autre ETI ETI à l’inverse) :
« Je ne suis pas ce corps. Ce corps n’est que mon instrument de travail…. Je ne suis pas ces pensées ,je ne suis pas cette personnalité, je ne suis pas ce petit moi. Je suis le Grand MOI, le Vrai Moi , je suis le MOI Suprême en unité avec la conscience Divine qui est Paix, Amour, Lumière, Félicité et Béatitude infinie… » [3]
La persévérance est nécessaire, mais cela ne nous fait pas oublier que notre corps de chair est un précieux corps ,il ne s’agit pas de le rejeter, c’est un outil utile à notre évolution et qui sert de support à d’autres corps plus subtils, et nous devons le maintenir en bonne santé et chercher la longévité.
Très importantes sont donc nos respirations et tout le travail de pranayama que nous faisons pour absorber l’énergie. Les respirations sont un outil de base pour nous recentrer dans notre corps et faire si besoin est un travail sur les émotions qui nous sera utile en fin de vie….
Donc : avoir la perspective juste du but de la vie sur cette terre : à savoir exprimer notre divinité , balayer nos médiocrités et être, petit à petit vainqueur des maladies de l’âme telles que la jalousie , l’égoïsme , la médisance etc… et surtout vivre l’instant présent dans son épaisseur et son intensité débarrassé du passé et sans crainte de l’avenir. Cela peut paraître exigeant mais chacun va bien sûr à son rythme. Nous sommes sur cette terre, dans cette incarnation pour apprendre à aimer de mieux en mieux avec désintéressement. Cependant qui dit apprentissage dit chute possible, l’essentiel est de se relever et de continuer en s’acceptant là où nous en sommes sans se culpabiliser mais sans baisser les bras. Chemin faisant, nous développons une force qui nous permet d’aider les autres au seuil de la mort.
II – COMMENT AIDER UN MOURANT ?
J aimerais vous citer ces paroles de Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social : « On a parfois peur d’un corps qui se délite. Mais la dignité d’un être ne se situe pas là. Elle réside dans l’attitude morale de ce frère en humanité . Nous partagerons le même sort que lui , tôt ou tard. Alors n’ayons pas peur de nous tenir auprès de lui, de lui tenir la main , de lui dire les paroles qui nous viennent. »
Si vous devez aider un mourant
Faites vous confiance , le Divin en vous va vous aider et vous donner la force et l’amour nécessaires . Le plus important : être présent et à l’écoute.
Dans le livre L’Aumisme, la Doctrine de l’Age d’Or, Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH nous guide : « Peu de monde dans la pièce… pas d’éclats de voix … rendre la pièce gaie (fleurs , bougies , images correspondant à la tradition religieuse) Eviter les manifestations de chagrin, rester calme … » Des conseils à avoir à l’esprit mais plus nous sommes attachés et dépendants de l’autre qui s’en va , plus la souffrance est intense . Donc éventuellement un ami, un parent, un aidant, un religieux, une personne capable de rester sereine peut prendre le relai. La peur, la colère, la tristesse, le désarroi peuvent nous envahir; des problèmes non résolus peuvent refaire surface. Etre sincère avec soi et avec l’autre , reconnaître ses sentiments , accepter notre sensibilité d ‘ être humain , accepter que la souffrance nous traverse est fondamental. Ce qui nous ramène au travail sur les émotions et sur la respiration.
Celui qui va mourir capte notre état intérieur, nos paroles, nos pensées même s’il est dans le coma. C’est pourquoi aussi un lâcher prise de la part du ou des proches est nécessaire pour que le mourant ne soit pas retenu à cause de l’entourage. Cela peut aider – même lors d’une agonie sans traumatisme – quand on a l’impression que le mourant souffre beaucoup physiquement, de savoir que ses mouvements convulsifs sont des réflexes purement mécaniques et inconscients.
Il n’est pas trop tard pour exprimer à celui qui va mourir nos sentiments, dire ce que l’on n’a peut être jamais osé dire .par exemple : « je t’aime ou nous t’aimons. » Il est bon d’aider celui qui va mourir à pardonner aux autres, à solliciter le pardon pour lui même, à se pardonner à lui même et de l’aider à voir tout le positif de sa vie pour lui éviter des regrets. Nous pouvons aussi lui rappeler mentalement qu’il est important pour l’âme de quitter le corps en sortant par le sommet du crâne…
Selon Sarada Devî , une mystique de l’Inde : « La pensée dominante qui occupe notre esprit juste avant que nous perdions connaissance détermine l’orientation que prend l’âme après la mort. »
Donc pour se préparer à une bonne « transition » l’homme et la femme doivent s’abstenir :
« De toute mauvaise pensée risquant de prédestiner leur vie future dans le sens du mal. De tout attachement excessif à un animal domestique… De tout attachement excessif à la famille et en général à tout ce que l’on quitte sur terre. »[4] « Nos pensées, nos sentiments agissent sur nous dans le présent et influencent notre devenir », dit le Seigneur HAMSAH MANARAH.
Pour ces raisons il est nécessaire après cette prise de conscience de mettre en pratique le plus tôt possible dans notre vie, l’observation de nos pensées ,le contrôle progressif du mental dans le sens de nos aspirations évolutives… Sinon nous risquons d’être désarmés et le jouet de nos pensées et émotions au moment du départ. (bien sûr ceci est facile à dire !!! ). Au moment du trépas où l’âme quitte le corps, les assistants doivent rassurer, positiver, élever le taux vibratoire du mourant en lui faisant réciter le son OM ou toute autre prière d’évolution, suivant sa tradition religieuse. Le OM peut aussi être chanté à voix basse. « L’adaptation aux circonstances s’impose; par exemple dans une salle d’hôpital, on ne peut pas faire ou dire ce que l’on veut. L’assistance mentale prend le pas Elle est efficace … » [5]
Sa Sainteté Le Seigneur Hamsah Manarah donne dans Yoga et Sagesse des prières qu’Il a composées pour aider chacun dans le respect de sa Tradition: « Elles rendront de grands services, dit Il, car souvent les plus avertis, animés des meilleures intentions, perdent leurs moyens et ne savent pas se rendre efficaces dans ces moments pénibles. »
Je vais vous citer quelques phrases de ces prières :
– Prière pour un agonisant chrétien (page 144 ) : « Je rejette tout fardeau sur le Christ , j’avance libre dans le sentier du départ… »
– Pour un non pratiquant désirant être assisté (page 145 ), « Je m’en remets à l’assistance de toutes les forces bonnes , de tous les guides des plans supérieurs envoyés par votre infinie clémence… »
– Complément pour un réincarnationniste convaincu :
« Je veux ma libération spirituelle , je renonce par avance au bonheur céleste prolongé , afin de revenir sur terre reprendre mes efforts … Je rends grâce aux Puissances Célestes pour l’assistance accordée… » « L’homme qui au moment du trépas pense à DIEU …parviendra à DIEU ..
Les dernières pensées d’une vie humaine détermineront le niveau d’évolution auquel nous parviendrons dans la Colonne de Lumière . Plus ces pensées sont pures, moins nous aurons à souffrir dans les sous-plans de la Colonne de Lumière et pourrons nous préparer à une rapide et heureuse réincarnation pour poursuivre le travail commencé et inachevé . »[6] Nous n’aborderons pas ici l’aspect médical actuel, les médicaments « antidouleurs » et leurs effets sur la conscience du mourant. Cependant, comment apaiser l’angoisse est une question fondamentale
Il est aussi possible d’aider à distance une personne sur le point de mourir, Le Seigneur Hamsah Manarah nous donne le mode opératoire en 6 points, pages 283 – 284, du Livre Le Yoga de l’Amour dans la force , que je vous invite à lire. Je vous citerai seulement le point 3 qui est aussi très important à dire quand nous sommes à côté d’une personne mourante : lui annoncer l’aide d’entités qui vont l’assister et veiller sur elle.
Pour aider celui qui vient de mourir
Après le décès, il y a une prière aumiste, ( pages 147- 148 de Yoga et Sagesse ), dont le titre est : « Pour celui qui vient de mourir » et qui nous fait aussi du bien à nous les vivants. Nous pouvons aussi aider à distance une personne qui vient de mourir en suivant les différents points donnés dans le Yoga de l’Amour dans la force sous le titre « pour aider une personne ayant quitté son véhicule de chair ». C’’est très pratique et cela nous rassure, nous ne sommes plus désarmés, nous pouvons agir.
Dans L’Aumisme, il y a un sacrement dit de Transition ( nom donné à la mort ) qui a pour but d’aider le défunt « à mieux comprendre ce qui lui arrive, le rassurer quand à son voyage et l’ascension de son âme dans la Colonne de Lumière , royaume de l’Evolution dans l’après-vie. »
EN CONCLUSION
Au terme de cet exposé nous pouvons faire ensemble si vous le souhaitez, un exercice pratique.
Après avoir fermé les yeux, je vous invite à penser fortement à un être cher qui est parti de l’autre côté, vous pouvez le visualiser comme vous le connaissiez, comme vous l’aimiez et l’entourer de lumière blanche….. Et maintenant nous allons tous ensemble envoyer vers ces êtres chers des pensées de paix, d’amour, d’harmonie, de meilleure évolution spirituelle. Et pour que cette pensée – prière soit plus forte encore , nous allons chanter ensemble 3 fois le son OM :
OM OM OM
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[1] L’Aumisme ,la Doctrine de l’Age d’O,r p.104
[2] L‘Aumisme, la Doctrine de l’Age d’Or, p.103
[3] Le Yoga de la Divinisation, p. 99
[4] L’Aumisme, la Doctrine de l’Age d’Or, p. 107
[5] Idem
[6] L’Aumisme, la Doctrine de l’Age d’Or, p.108…