LE RESPECT, CLE D’UNE BONNE RELATION AUX AUTRES
L’absence de respect est à la base de toutes les discordes et de bien des souffrances humaines. C’est la porte ouverte au mépris et à la violence. C’est pourquoi il est indispensable de placer le respect mutuel au centre des relations humaines si l’on veut à la fois être plus heureux et apporter sa contribution à la paix planétaire.
Dans l’Aumisme, la prise de conscience du Divin présent en chacun, comme en soi-même implique le respect des autres. Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH écrit : « Tout homme, toute femme mérite notre respect, mérite que l’on s’attarde sur son cas, qu’on le ou la prenne en considération, ce qui est la base même du respect mutuel. Imaginez que chaque être humain accepte de faire l’effort de respecter son prochain, quels que soient ses qualités et ses défauts, la Terre entrerait alors véritablement dans ce que l’on appellerait la mentalité d’Age d’Or » [1]
Nous verrons donc au cours de cet exposé :
1 – Comment progresser dans l’acceptation de l’autre qui est indissociable du respect
2 – Comment le respect améliore la communication
3 – Comment l’apprentissage du respect commence dans la famille
I – LE RESPECT C’EST D’ABORD L’ACCEPTATION DE L’AUTRE
Respecter, c’est prendre l’autre en considération, exprimer que son existence est digne de notre attention. Cela implique l’acceptation de ce qu’il est. Accepter l’autre dans ses différences et dans ce qui peut nous déplaire est le fruit d’un nécessaire cheminement personnel.
S’accepter soi-même permet de mieux accepter autrui
Dans un monde en pleine mutation, l’homme est très souvent accaparé par le monde extérieur, la réussite professionnelle, la vie sociale, les médias, Internet etc. et il en oublie la relation avec son vrai Moi, avec le Divin présent en chacun. Le manque de lien profond avec lui-même se répercute sur sa relation à l’autre qui est perçu comme étranger, ce qui engendre l’indifférence ou l’hostilité.
« Bien se connaître pour mieux comprendre autrui est un devoir », affirme le Seigneur HAMSAH MANARAH. Il met à notre disposition des méthodes qui nous aident efficacement pour mieux nous connaître. Nous pouvons par exemple approfondir l’introspection grâce à une technique tirée du Yoga de la vie pratique au chapitre XI. Il s’agit de prendre le temps de s’intérioriser dans le silence pour prendre conscience de ses pensées, de ses représentations, et de se centrer sur les qualités opposées à ses défauts. Progressivement, on apprend à s’accepter avec respect et bienveillance et, par résonance, à mieux accepter et respecter autrui. Parallèlement, pour ne pas se laisser enfermer dans l’engrenage des activités extérieures et du stress qui détériore notre relation aux autres, il est bon de prendre régulièrement le temps de s’installer dans un endroit calme et de se concentrer sur son univers intérieur en répétant le Son OM.
Si vous le souhaitez, nous pouvons ensemble avoir un aperçu de cette technique.
Je vous invite à vous installer confortablement, à redresser votre colonne vertébrale et à relâcher votre musculature.
Les yeux fermés, vous pouvez répéter le son OM en restant concentré sur sa vibration entre les deux yeux.
OM OM OM OM…
Puis répétez mentalement le son OM au niveau du cœur, du sternum :
OM OM OM OM…
Faites un temps de vide mental et de silence intérieur et observez la répercussion du son OM dans votre corps, votre mental, sur votre état intérieur ….
Le son OM relie au Moi Suprême omniprésent. L’écoute du Divin en soi, mène à la reconnaissance et au respect du Divin en chacun.
Accepter la différence
Si nous sommes conscients de nos propres lacunes, si nous acceptons nos défauts, nous pouvons améliorer nos relations avec les autres et respecter ceux qui ne nous ressemblent pas. Tous les êtres humains sont porteurs comme nous de l’étincelle divine. Evidemment, le chemin est long pour parvenir à parfaitement à comprendre autrui comme le fait Celui qui a expérimenté la Fusion en Dieu et l’Unité avec la Création. Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH écrit dans Mémoires d’un Yogi : « Je ne suis pas séparé de toi, je ne me sens pas séparé du monde, je ne rejette personne, pas plus que je ne désire arracher mon cœur lorsque celui-ci me fait mal. » En attendant d’atteindre cet état d’unité, d’amour parfait, commençons par respecter l’autre même quand nous ne pouvons pas tout comprendre de lui. Cela revient à ne pas mépriser son prochain sous prétexte qu’il se montre différent de nous par son apparence, ses opinions, sa culture, sa croyance etc. Dans l’Aumisme, le respect des différences est la clé de la paix entre les humains, les peuples et les nations.
Ne pas juger, apprendre à pardonner
L’autre, comme nous-même, peut chuter, mais « il n’appartient à personne de juger des défaillances des uns et des autres » dit le Seigneur HAMSAH MANARAH [2]. Il nous incite aussi à tolérer au moins trois défauts chez ceux qui nous entourent. En effet, respecter la personne, c’est l’accepter avec sa capacité d’évoluer, de se transformer. Bien sûr, dans la vie quotidienne, on ne réussit pas tout de suite à se transformer, à exprimer le meilleur de soi-même. Mais l’essentiel est de se relever après chaque défaillance et d’aller vers le pardon qui comme un baume guérit tous les maux et toutes les souffrances.
– Se pardonner à soi-même libère de la culpabilité et du refoulement qui enchaînent au passé, génèrent parfois un complexe d’autopunition et des tendances à l’autodestruction.
– Pardonner à autrui libère du ressentiment et permet de ne pas rester bloqué et figé dans une situation conflictuelle sans issue. Il permet de sortir de l’impasse, de prendre un nouveau départ pour aller de l’avant.
Respecter chez l’autre des façons de parler, de penser, d’agir, différentes des nôtres permet de partager et de construire ensemble. Bien sûr, respecter quelqu’un ne veut pas dire fermer les yeux sur des agissements répréhensibles. Empêcher de nuire à l’entourage et à soi-même est un service à rendre. On peut récuser un comportement injuste sans cesser de respecter la personne, de l’aider, de prier pour son évolution.
II – LE RESPECT MUTUEL FACILITE LA COMMUNICATION
Nécessité du détachement intérieur
Dans la relation avec autrui, le détachement intérieur permet de ne pas être le jouet de réactions affectives. Cette attitude mentale évite de se laisser perturber par les tensions, les jugements, les souvenirs désagréables. Pour se libérer des interférences qui peuvent brouiller la communication, il est recommandé de se ressourcer fréquemment dans la prière du OM. Ainsi relié au Divin, on ne cherche pas à dominer les autres mais à devenir les instruments les plus fidèles du Divin qui s’exprime à travers nous. Il y a un gain de conscience et d’amour avec l’apprentissage de la tolérance et du respect mutuel.
Le respect s’exprime dans le dialogue et l’écoute
« L’humanité est malade de ne pas discuter, nous dit le Seigneur HAMSAH MANARAH. Chacun ignore l’autre et le transforme en pestiféré. »[3] Discuter, dialoguer, c’est prêter attention à ce que pense l’autre. C’est donc une forme privilégiée du respect.
– Dans une réunion, il s’agit de laisser les autres exprimer leurs idées sans leur couper la parole de rester disponible intérieurement et laisser résonner en soi, ce qu’ils expriment. Il ne faut pas chercher à imposer son point de vue à tout prix dans un esprit de domination. Il faut savoir écouter avant d’exprimer dans le calme son accord ou son désaccord avec authenticité et en prenant appui sur le Divin en Soi et en chacun. Lorsqu’un groupe fonctionne de cette manière, l’effet de résonance sur les uns et les autres permet de construire ensemble dans le respect de chacun – bien sûr, respecter les différentes opinions ne veut pas dire les suivre aveuglément ! – L’écoute est indispensable au travail d’équipe où la créativité de chacun doit pouvoir s’exprimer pour contribuer au succès final d’une action. [4]
– Lorsqu’il y a conflit, le dialogue est indispensable à la réconciliation. Dans La Loi d’Evolution des âmes, vous trouverez par exemple au chapitre XIV des conseils pour renouer le dialogue avec des membres de sa famille : l’écoute mutuelle permet d’apaiser le ressentiment.
III – L’APPRENTISSAGE DU RESPECT COMMENCE DANS LA FAMILLE
Nous vivons dans un monde en perte de repères où l’on préfère mettre en avant ce qui est nuisible et répréhensible. Les adultes ont donc le devoir d’inculquer aux enfants les valeurs favorisant la naissance d’une mentalité d’Age d’Or dont le respect est le fondement. Ils doivent aussi donner l’exemple. La famille est un lieu privilégié pour l’apprentissage du respect mutuel.
Le respect entre les générations
– Le respect est une composante essentielle de l’amour des parents qui doivent en premier lieu se respecter entre eux.
– Le respect des parents envers l’enfant s’exprime avant la naissance. Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH suggère aux parents de prier pour qu’une âme désirant construire un monde de paix puisse s’incarner. Ensuite, le respect sera présent tout au long de l’éducation : les enfants sont les bâtisseurs de la société de demain, ils doivent bénéficier d’une hygiène de vie équilibrée et d’une éducation la plus complète possible sous-tendue par une discipline morale adaptée à l’âge. Les livres Naturopathie et Yoga et Le yoga de la vie pratique apportent une aide précieuse. Ecouter les enfants avec intérêt et respect dès le plus jeune âge c’est reconnaître leur valeur, accorder de la valeur à l’amour, à la solidarité, au respect qu’ils manifestent, accorder de la valeur à leurs différences, à leur créativité.
– Mais il ne s’agit pas pour autant de leur passer tous leurs caprices ! Le Seigneur écrit : « Quant à ceux qui viennent affirmer que l’enfant est un roi qu’il ne faut jamais offenser, je leur crie « casse-cou » ! Je dis alors : regardez le laisser-aller de la jeunesse actuelle, son manque de courtoisie, de politesse raffinée, l’attitude irrespectueuse des enfants à l’égard de leurs professeurs, la dérobade devant l’effort et l’oubli des responsabilités opposés au rappel constant des droits, comme pour mieux oublier leurs devoirs, pour comprendre qu’avec cela, on prépare les malheurs de la société».[5]
Actuellement, nous le voyons tous les jours, dans les familles, dans les écoles, dans la rue, le respect dû à l’âge, à l’expérience, au savoir, au travail des autres doit être restauré. « Le Code de vie d’une humanité d’Age d’Or » [6] incite donc les enfants à respecter leurs parents, leurs grands-parents, leurs enseignants. Cet apprentissage du respect entre les plus jeunes et les plus âgés qui les font profiter de leur expérience, favorisera la stabilité et la paix sociales.
L’apprentissage de la politesse et de la courtoisie
« Les parents, dit Sa Sainteté, ont le devoir d’inculquer à leurs enfants les règles élémentaires de la politesse et de la courtoisie. Ainsi aideront-ils à faire naître une civilisation d’Age d’Or fondée sur les principes d’une planétaire solidarité dans le respect fraternel de chacun. » [7] Bien sûr il s’agit non d’un comportement stéréotypé parfois hypocrite mais de la politesse du cœur qui prend l’autre en considération avec « un sourire d’affection, une parole de bienvenue, un geste de bienveillance… » [8]
L’apport des activités extérieures : l’exemple des arts martiaux
La famille permettra aussi à l’enfant d’avoir à l’extérieur des activités à la fois plaisantes et éducatives.
Dans mon expérience personnelle, avec la pratique des arts martiaux, de l’OMKIDO que vous avez découvert ce matin, le temps d’une démonstration, j’attache de l’importance à l’apprentissage du respect pour les enfants comme pour les adultes. La discipline martiale est sous-tendue par une éthique, des règles de courtoisie, de bienséance, de savoir –vivre en groupe : il y a le respect de la tradition, du maître ou du professeur, des anciens, des débutants, du lieu, du groupe, des pratiquants qui ne sont pas des adversaires mais des partenaires. Le respect des autres va de pair avec la maîtrise de soi. Une saine combativité est avant tout un travail sur soi.
A ce sujet, le Seigneur HAMSAH MANARAH conseille aux parents : « Utilisez l’influence des Arts martiaux sur la formation du caractère : garçons et filles y trouveront le moyen de développer les forces de l’âme, le contrôle de soi, la maîtrise du corps et des émotions, la coordination du physique et du mental, le courage, les réflexes efficaces, l’esprit chevaleresque… N’ayant peur de rien, ils pourront aimer sans contrainte, dans une position de force intérieure. »
Des enfants qui sont respectés et apprennent à respecter les autres dès le jeune âge s’intégreront mieux dans la société et la rendront plus solidaire.
En conclusion, rappelons la nécessité d’une éducation qui donne priorité à l’apprentissage du respect. Le retour au respect mutuel est indispensable pour réduire et peu à peu mettre fin au mépris et à la violence qui déstabilisent le monde actuel. Cultiver le respect d’autrui, s’efforcer de l’accepter, de le comprendre est le premier pas vers la solidarité, le changement de mentalité qui caractérise l’Age d’Or.
Nous terminerons donc par cette phrase de Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH que chacun gagnera à se répéter avant de commencer sa journée :
« Je suis en Unité de cœur et d’esprit avec le Dieu tout puissant en chacun et m’installe désormais dans la tolérance et le respect d’autrui. » [9]
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[1] La Révolution du monde des vivants et des morts p.461
[2] La Révolution du monde des vivants p. 80
[3] La Loi d’Evolution des Ames p. 228
[4] Cf. La révolution du monde des vivants et des morts p. 460
[5] L’Aumisme, la Doctrine de l’Age d’Or, p. 239
[6] La Révolution du monde des vivants et des morts, chapitre XVI
[7] La Révolution du monde des vivants et des morts p. 364
[8] cf Le Flambeau d’Unité p. 357)
[9] Vers un Age d’Or d’Unité p. 28