VIVRE DANS LE RESPECT DE LA NATURE : UNE URGENCE !
Il ne se passe pas une journée sur notre planète sans que la sauvegarde de notre environnement ne fasse l’objet d’un article dans la presse, d’une disposition réglementaire particulière, d’une action spectaculaire ou même d’un colloque de spécialistes. Le sort de l’homme est indéniablement lié à celui de la nature, nous le voyons à travers les conséquences de pollutions diverses, de contaminations de la nourriture, de cataclysmes, qui entraînent malheureusement la souffrance, la maladie et la mort. En insistant sur l’osmose entre l’homme et la nature, Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH prévient : « Si tu détruis ton cadre de vie, tu te détruis toi-même » [1]. Il écrit : « L’écologie, la protection de l’environnement font partie intégrante de la Mystique aumiste, car l’homme ne peut plus pressurer la nature et abuser de ses richesses » [2]. Dans l’Aumisme, l’apprentissage du respect de tous les règnes de la nature est fondamental et urgent.
Cet exposé évoquera donc :
I – Le monde d’aujourd’hui face aux conséquences du mépris de l’environnement,
II – L’osmose entre l’homme et la nature selon l’écologie aumiste,
III – Notre devoir : respecter la nature et l’aider dans son évolution.
I – LE MONDE D’AUJOURD’HUI FACE AUX CONSEQUENCES DU MEPRIS DE L’ENVIRONNEMENT
a) Les conséquences du mépris de la nature
On trouve dans différentes religions des incitations à respecter la création de Dieu et à ce titre les règnes de la nature. La croyance que le Divin est présent en tout implique le respect des différents règnes de la nature. Mais la sécularisation de nos sociétés contemporaines conduit les hommes à négliger les préceptes religieux et à se mettre en contradiction avec le principe du respect de l’environnement. De plus, dans nos sociétés matérialistes la rentabilité à court terme l’emporte sur la prévision des conséquences. Ce choix est la cause de nombreux déséquilibres préjudiciables à l’expression de la vie.
Point de catastrophisme pour autant dans les quelques exemples qui vont suivre, mais seulement une réalité incontestable : les sous-sols sont transformés en zone de stockage de déchets, les sols sont stérilisés par les polluants atmosphériques ou les pesticides qu’on y déverse en agriculture intensive, les forêts sont dévastées, les animaux servent dans les laboratoires ou sont abandonnés au bord des routes. Et plus généralement, l’activité anthropique conduit à un réchauffement climatique aux conséquences aussi prévisibles que désastreuses: élévation du niveau des mers (qui peut persister des décennies après l’arrêt de l’accroissement de la température), dégradation globale des écosystèmes, etc. Il semble néanmoins que la nature réagisse par exemple en transformant des forages de pétrole en volcans de boue (Sidoarjo – île de Java (2006)) ou encore en ravageant des récoltes par des nuées de sauterelles dans certaines régions d’Afrique (famine pour des millions de personnes en Ethiopie)…
b) Cette situation interpelle nos contemporains
L’état de notre planète interpelle plusieurs organisations nationales et internationales qui œuvrent dans le sens du respect de l’environnement et de la nature, par exemple : L’Organisation des Nations Unies s’inquiète de l’état de la planète et publie un programme, le PNUE, pour la sauvegarde de l’environnement, elle rejoint ainsi les préoccupations exprimées par l’Aumisme. « Nous avons l’obligation pressante, lit-on dans le rapport 2007, d’assurer aux générations futures de pouvoir continuer à vivre sur cette planète ».
Un autre exemple est celui de la Charte de l’environnement adoptée le 28 février 2005 : adossée à la Constitution française, elle place désormais les principes de sauvegarde de notre environnement au même niveau que les droits de l’homme et du citoyen de 1789. Ainsi, elle reconnaît notamment dans son premier article le droit à chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. Mais elle impose aussi des devoirs : dans son article 2, elle indique que « toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. ». Dans la société civile et les ONG, rappelons que le Prix Nobel de la paix 2007 a été attribué à des « environnementalistes » pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l’Homme et pour avoir posé les fondements des mesures nécessaires à la lutte contre ces changements.
« Il est trop tard pour être pessimiste, dit Yann Arthus-Bertrand, écologiste et photographe de La Terre vue du ciel, baisser les bras est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre ; nous n’avons plus le temps de simplement discourir sur l’état de la planète et de nous lamenter : il faut agir dès maintenant. »
Cette résolution est la seule possible pour assurer la survie de la planète.
II – L’OSMOSE ENTRE L’HOMME ET LA NATURE SELON L’ÉCOLOGIE AUMISTE
Pour agir en profondeur, il faut changer de mentalité et de comportement. Il faut sortir de l’ignorance qui a engendré le mépris de l’environnement. Le Seigneur HAMSAH MANARAH nous aide à prendre conscience de l’interdépendance qui existe entre l’homme et la nature.
a) Le cheminement de la conscience à travers les différents règnes
L’Aumisme enseigne que la conscience évolue lentement à travers le règne minéral, le règne végétal et le règne animal jusqu’au règne humain, au sein de la Pyramide Evolutive des Règnes de la Nature. C’est la « chaîne de vie » [3] qui génère une interaction et une solidarité de fait entre tous les êtres vivants.
« Les âmes humaines sont issues de l’Echelle Evolutive : avant que de marcher sur la Terre, elles ont été pierres du chemin qui ont pris corps de végétal, puis se sont élancées sur les ailes de l’oiseau, pour revenir courir à quatre pattes sur la terre et se redresser lentement pour enfin devenir humains » [4]. L’homme est un peu la « chimiosynthèse de tous les règnes de la nature »[5], « le résumé de la nature »[6]. La conscience de l’homme se trouve être la plus évoluée au sommet de la Pyramide Évolutive, au seuil de la divinisation. Les humains ont donc une lourde responsabilité : ils servent de modèle aux règnes de la nature.
L’humanité donne le bon exemple lorsqu’elle va dans le sens de l’évolution et du progrès. Elle donne le mauvais exemple lorsqu’elle va dans le sens de l’involution et de la chute.
L’humanité donne le mauvais exemple aux autres règnes chaque fois :
– qu’elle provoque des guerres et des divisions,
– que, poussée par l’appât du gain, elle ne respecte plus les lois de la vie,
– que, devenue matérialiste et trop tournée vers la satisfaction grandissante et immédiate de ses besoins matériels artificiels, elle ne respecte plus Dieu présent en chaque être humain et dans tout ce qui vit.
– qu’elle n’assure plus la protection des autres règnes
– qu’elle n’aide plus les minéraux, les végétaux et les animaux à progresser par ses prières.
Ces comportements destructeurs,font réagir la nature qui, imitant les humains, se laisse entraîner sur la pente de la violence, de la vengeance. C’est la cause de bien des catastrophes naturelles et cataclysmes. Il est donc urgent de réparer le mal que l’homme a fait à son environnement pour son seul profit et de traiter la nature avec le respect qui lui est dû pour arrêter l’engrenage de la vengeance :
« Si l’homme devient respectueux de la nature, dit Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH, cette dernière le lui rendra. » [7].
b) La Loi d’Evolution
L’interdépendance entre l’homme et la nature dans la Pyramide Evolutive des Règnes de la Nature, va de pair avec la Loi d’Evolution enseignée dans l’Aumisme.
« Le Divin est partout », dit Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH, « cependant les degrés de sa manifestation varient des choses aux êtres en passant par les animaux »[8]. C’est pourquoi, « dans l’Age d’Or, (Age de la paix et de la solidarité), les mentalités doivent évoluer vers un grand respect de la nature et une grande compréhension des lois de l’univers »[9].
La Loi d’Evolution, c’est la Loi de la Vie qui implique pour chaque règne de franchir le palier supérieur de la Pyramide Evolutive.
Chaque homme, chaque femme, doit progresser vers la divinisation qui constitue l’étape supérieure de son évolution. Quand l’homme s’efforce de se diviniser, les animaux, dans son sillage, cherchent à s’humaniser, les plantes à passer dans le règne animal, les minéraux à atteindre le règne végétal. On comprend, en ce sens, que Teilhard de Chardin désigne l’homme, « non pas centre statique du Monde, — comme il s’est cru longtemps ; mais axe et flèche de l’Évolution… » [10]
Ainsi, pour respecter la loi d’Evolution au sein de la Pyramide Evolutive, nous avons le devoir d’aider la planète dans toutes ses composantes à accéder à l’Age d’Or, ce qui est le thème de la troisième partie.
III – NOTRE DEVOIR : RESPECTER LA NATURE ET L’AIDER DANS SON EVOLUTION
Les actions collectives sont nécessaires pour préserver la planète. Mais chacun d’entre nous est aussi personnellement responsable de l’avenir de la planète et doit agir sur le plan matériel et spirituel. Par la prière et l’action, nous contribuons à l’évolution des règnes et à l’harmonie entre tous les êtres vivants.
a) Il nous appartient de ne pas porter atteinte aux différents règnes de la nature
– Les minéraux ont droit au respect
« Les pierres chantent, crient ou pleurent selon l’attitude de l’homme face à elles »[11]
Les pierres et les minéraux, par leurs nombreux usages et vertus, sont capables d’améliorer notre quotidien. Le simple fait de ne pas jeter de déchets sur le sol est une marque de respect. Il importe de ne pas salir la terre, de ne pas l’encombrer de déchets ou de matières toxiques, de déchets radioactifs. La surexploitation de carrière de granulats dans les fleuves est également à proscrire. Dans l’exemple de l’extraction des minéraux, le sous-sol est dévasté par des techniques destructives, polluantes pour l’environnement comme l’utilisation de mercure dans les mines d’or. Que dire de l’uranium que l’on extrait de la terre, peu radioactif, et que l’on rend sous forme de déchets très hautement dangereux pour des millénaires ? Le principe d’économie, doivent donc prévaloir : plus nos actes de la vie de tous les jours seront empreints d’économie, moins nous aurons besoin de ressources pour vivre.
– Les végétaux ont droit au respect
Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH rappelle que sans les végétaux, la vie ne serait pas possible sur Terre. Les plantes, si utiles à l’être humain, ont une sensibilité scientifiquement reconnue, « nous devons les traiter en amies, non en simples objets d’ornement ou en cobayes. Leur évolution, leur épanouissement, la durée de leur vie dépendent des traitements physiques et psychiques auxquels elles sont soumises. Nos soins affectueux, notre amour leur sont nécessaires »[12]. Citons l’exemple de la Commission Fédérale d’Ethique pour la biotechnologie dans le domaine non humain qui a publié un communiqué de presse le 14 avril 2008, sur la question du respect des plantes au nom de leur valeur morale.
Quotidiennement, apprenons aux enfants, à bien se comporter dans la nature, à faire attention par exemple, à ne pas cueillir inutilement les plantes, à ne pas arracher leurs racines. Le règne végétal apporte à l’homme tant de bienfaits que nous nous devons le reconnaître en tant que tel et lui donner la place de choix qui lui revient dans notre vie de tous les jours. La consommation de végétaux issus de l’agriculture biologique favorise la qualité alimentaire des végétaux eux-mêmes tout en réduisant la pollution chimique des sols.
– Les animaux ont droit au respect
Certains pensent que les animaux sont incapables de penser, de réfléchir. « Et pourtant, nous assure le Seigneur, s’ils pouvaient capter les réflexions de ces êtres inférieurs, ils ne douteraient plus un seul instant qu’ils ont en face d’eux un être vivant, doué d’intelligence et désirant ardemment évoluer »[13].
Les chiens sauveteurs ou d’aveugles montrent combien l’animal peut aider l’homme dans certaines situations difficiles et combien il a droit au respect. A ce titre, rappelons que la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal a été proclamée solennellement à Paris, le 15 octobre 1978, à la Maison de l’Unesco et que son article 2 souligne que « Toute vie animale a droit au respect ». Il est très important, sur le plan individuel et collectif, de bannir la cruauté envers les animaux : l’Aumisme conseille, par exemple, une alimentation végétarienne. Elle protège le règne animal mais aussi le règne végétal et les ressources en eau de la planète : pour produire 1 kg de viande de bœuf, il est nécessaire de savoir qu’il faut 15 tonnes d’eau, et plus de 15 kg de soja ! Par ailleurs, elle évite à l’humain d’absorber dans la viande l’énergie de souffrance, de haine, de vengeance ressentie par les animaux avant de mourir.
Différentes religions limitent d’ailleurs la consommation de viande, la soumettent à des règles ou la proscrivent. Nombre de bouddhistes et d’hindouistes s’abstiennent par exemple d’en manger ; les jaïns, qui appliquent de façon stricte le principe de non-violence à l’égard de tout ce qui vit, prônent une alimentation strictement végétarienne. L’Aumisme insiste sur les conséquences des souffrances infligées aux animaux : les maltraiter, sur le plan individuel et collectif, a de graves conséquences pour l’humanité. Au regard de la Loi d’Evolution, le règne animal doit évoluer vers le règne humain : s’ils sont maltraités, les animaux garderont donc le souvenir cuisant des souffrances infligées et seront des humains remplis de désir de vengeance, de haine et de violence.
« Les guerres entre les hommes, dit le Seigneur HAMSAH MANARAH, commencent par une guerre ouverte entre l’homme dictateur et l’animal sacrifié »[14].
Par contre, s’ils sont aimés, bien soignés, s’ils s’humanisent en apprenant à communiquer avec nous, à se comporter sans violence, les animaux deviendront des humains confiants, pacifiques, capables de solidarité. Le respect de tous les règnes, du règne animal en particulier, a donc une forte incidence sur le cheminement de notre humanité vers la paix sociale et planétaire. Il est indispensable à l’Age d’Or.
b) Il nous appartient d’apporter notre contribution spirituelle à l’évolution de la nature
L’Aumisme ne sépare pas l’action de la prière. Le respect s’exprime aussi dans « l’action spirituelle ». « Seul le liant d’une spiritualité et d’une morale d’Age d’Or pourra recréer le nécessaire équilibre et permettre l’ultime Réconciliation entre l’homme et la Pyramide Evolutive. »[15].
– Prier pour la nature est un acte spirituel de la vie quotidienne, par exemple :
. Avant les repas, il est important de bénir les règnes qui fournissent notre nourriture.
La prière est nécessaire pour favoriser l’évolution de la nature : « Nous devons, chacun, être des rédempteurs pour les règnes de la nature et partager l’essence de nos prières d’amour avec les esprits des minéraux, des végétaux, des animaux et des autres humains. »[16].
. Au cours des promenades, le Seigneur HAMSAH MANARAH conseille de bénir tous les règnes de la nature « en souhaitant qu’ils deviennent meilleurs, évoluent vers la Sagesse et la perfection »[17]. Pour ceux qui ne sont pas croyants, les pensées d’amour tiennent lieu de prières.
– Prier en répétant le Son OM, Verbe Créateur, accélère l’évolution de tous les êtres vivants, et favorise l’accès des animaux au règne humain. Le Son OM représente « l’arche d’alliance entre l’homme et la nature. »[18], le point d’équilibre de la création toute entière. Croyants et incroyants peuvent s’unir autour de cette prière d’Evolution qui, au-delà des différences religieuses, fait remonter les âmes à DIEU. Notons que, tous les règnes étant liés les uns aux autres, quand les humains contribuent à l’évolution de leurs frères inférieurs, ils favorisent aussi leur propre évolution.
Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH nous aide donc à changer nos mentalités et nos comportements pour assurer la survie de la planète : Il nous propose « Le Code d’honneur de l’homme face aux règnes de la Nature » en quinze points dans la Doctrine de l’Aumisme. Nos devoirs y sont clairement définis et il se termine ainsi : « L’homme doit comprendre enfin que tous les règnes : humain, animal, végétal et minéral au sein de la Terre font partie d’un Tout, comme une branche de l’Arbre de vie, comme une vague de l’océan, comme une facette du Diamant de la Création »[19].
CONCLUSION
Le respect et la bienveillance face à la nature sont indispensables quant à la survie de l’homme.
Dans la onzième Loi de l’Age d’Or dite « du contrat naturel »[20], le Seigneur HAMSAH MANARAH rappelle à l’humain sa triple responsabilité :
– L’homme prie pour les bienfaits prodigués chaque jour par Mère Nature
– il s’abstient de déséquilibrer la nature sinon la terre ne manquera pas de trembler sous ses pieds
– il est le guide des règnes dits inférieurs et leur donne l’exemple
L’application de ces trois principes conduit immanquablement au respect mutuel, à la Grande Réconciliation entre l’homme et la nature nécessaire au retour de la paix sur Terre.
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[1] La Loi d’Evolution des Ames, p 278
[2] La Doctrine de l’Aumisme, p 198
[3] La Loi d’Evolution des Ames, p 456
[4] idem, p 273
[5] idem, p 456
[6] Le Yoga de la Divinisation, p 108
[7] La Loi d’Evolution des Ames, p 287
[8] Yoga et Sagesse, p 246
[9] La Doctrine de l’Aumisme, p 199
[10] Teilhard de Chardin Le Phénomène humain, 1965
[11] La Doctrine de l’Aumisme, p 193
[12] idem, p 195
[13] La Révolution du monde des vivants et des morts, p 24
[14] La Doctrine de l’Aumisme, p 196
[15] La Loi d’Evolution des Ames, p 285
[16] Vers un Age d’Or d’unité, p 259
[17] Le Yoga de l’Amour dans la Force, p 88
[18] Vers un Age d’Or d’unité, p 258
[19] La Doctrine de l’Aumisme, p 207
[20] La Loi d’Evolution des âmes p.328