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MIEUX PENSER,
LA CHANCE D‘AIDER L’HUMANITE EN S’AIDANT SOI-MEME

 

Tout d’abord, merci à tous pour toutes les pensées fraternelles qui durant ce colloque ont convergé vers notre planète.

Nous allons évoquer, pour terminer ce cycle de conférences, une solidarité qui ne se substitue pas à l’action individuelle et collective mais qui est compatible avec toutes les formes de solidarité : choisir l’orientation de nos pensées.

Partons de l’aide morale dont notre humanité a besoin face à la crise multiforme que nous traversons.

D’après une étude parue dans « The Lancet » :

– la menace écologique génère ce qu’on appelle « l’éco – anxiété ».

– la pandémie a augmenté de plus d’un quart dans le monde les cas de dépression.

– 75% des jeunes s’inquiètent face à leur avenir [1]

Et l’angoisse est bien sûr fortement amplifié par la guerre actuelle.

Il faut reconnaître la réalité des risques, le désarroi lié à des situations inédites, la vulnérabilité humaine face à ces épreuves.

L’avenir est préoccupant. Nul ne peut le nier.

Mais ajouter aux difficultés des pensées de peur, de division, de haine, les démultiplie.

Nous préserver de cette pollution mentale est un devoir car non seulement « l’homme devient ce qu’il pense » mais « la pensée crée l’état du monde ».

Le fondateur de l’Aumisme nous dit : « Elever le niveau moral de l’humanité en saturant le mental des humains de pensées optimistes, fraternelles, unitaires, constructives est devenu une urgence.»[2]

Dans cet exposé, nous verrons que nous pouvons aider l’humanité :

– en cultivant des pensées positives

– en cultivant des pensées bienveillantes

– en les transmettant aux nouvelles générations.

Vous direz peut-être :

En quoi mes pensées concernent-elles l’entière humanité ?

Premièrement, nous ne sommes pas séparés les uns des autres

– L’interdépendance est inhérente à la condition humaine.

– Pour ceux (dont les aumistes) qui pensent que l’âme évolue à travers plusieurs vies, nous avons déjà été ou serons peut-être à la place de ceux que nous aidons ou de ceux que nous méprisons aujourd’hui.

– Et dans l’Aumisme, comme dans d’autres Traditions, l’unité de l’humanité est fondée sur la présence du Divin en chacun.

Ainsi, « en faisant du mal à mon frère je me nuis à moi-même» et j’agis contre Dieu, alors que « en aimant autrui, j’aime un aspect de moi- même » et j’aime Dieu.

Par ailleurs, la pensée ne connaît pas de limites

« Elle est vibration, explique le Seigneur HAMSAH MANARAH. Elle rayonne de façon subtile, même si nos sens ordinaires ne décèlent pas ses mouvements. Son pouvoir est réel (comme le montre le phénomène de la télépathie). Elle affecte l’entourage. Elle agit sur l’univers. » [3]

« La conjonction des pensées de haine et des mauvaises actions engendre à plus ou moins brève échéance des catastrophes préjudiciables au monde. »  Nous le voyons hélas aujourd’hui.

Mais inversement, et c’est une porte de sortie, « la rencontre des bonnes pensées et des bons sentiments attire des événements heureux pour l’humanité. » [4]

Alors face à la morosité ambiante – par ailleurs compréhensible – nous avons le devoir de cultiver des pensées positives et bienveillantes

 

I – RENDRE SES PENSEES PLUS POSITIVES

On peut au départ se renforcer, se motiver, voir la vie comme une école.

Se renforcer, c’est chercher l’équilibre du corps et de l’esprit pour ne pas se laisser déstabiliser par l’émotionnel et ne pas propager nos propres stress.

Dans le livre Le Yoga de la vie pratique par exemple, des techniques dynamisantes aident à prendre un bon départ.

– Prière et méditation, dans toutes les traditions, font relativiser les réactions personnelles.

– L’identification au Divin présent en soi, favorise la stabilité. Nous pouvons affirmer :

« Je suis un centre de Force, de Lumière et de conscience.

Je suis en unité avec la Conscience divine,

Je suis divinement protégé, inspiré, éclairé, guidé. » [5]

Pour se motiver, il n’y a qu’à prendre conscience des méfaits des pensées pessimistes, défaitistes.

Elles se nourrissent de rumeurs, de propos médiatiques qui alimentent les angoisses et se répandent de bouche à oreilles.

Focalisées sur le pire, elles entraînent le catastrophisme, le sentiment d’impuissance.

Cela ne peut aider ni soi ni les autres. C’est une évidence.

Ce qui aide, c’est le désir, l’espoir, la volonté de contribuer à une amélioration.

Les pensées positives ne sont pas « planantes », elles partent du constat lucide des difficultés et suscitent les efforts pour en sortir.

Toute action éducative, tout travail humanitaire, toute opération de sauvetage nécessite cet état d’esprit. Et nous avons aujourd’hui… à sauver notre planète !

Un optimisme bien compris est donc une sagesse pragmatique qui fait « accueillir les événements avec l’espoir le meilleur » et « tirer parti des situations les plus défavorables. »

Voir la vie comme une école nous aide à adopter cette perspective.

Face à un obstacle, nous pouvons nous laisser abattre ou mobiliser nos forces pour le dépasser.

Même si c’est difficile, considérer l’existence comme une école permet de rester au gouvernail, de tirer les leçons de l’expérience pour avancer, contre vents et marées.

On retrouve ainsi le sens de la vie qui est, dit le Seigneur HAMSAH MANARAH, « un acte d’amour, un apprentissage constant de la solidarité, de la fraternité, de l’entraide. » [6]

 

II – CULTIVER DES PENSEES D’AMOUR

« C’est parce que l’Amour est absent des relations humaines que l’humanité persiste encore dans les ténèbres de la guerre, de l’intolérance, de la haine. »[7]

Toutes les religions et Sagesses incitent à développer l’amour – qui est central dans les Evangiles et présenté avec une logique imparable par le Bouddha : « Si la haine répond à la haine, comment la haine finira-t-elle ? »

Par où commencer pour aller vers plus d’amour ?

Rompre avec les jugements négatifs

– Sortir du dénigrement

Certes, nul n’est parfait, le discernement est nécessaire dans les relations humaines. Et la critique juste et fraternelle est toujours utile.

Mais il faut perdre l’habitude de la médisance, du dénigrement, du jugement stéréotypé qui figent les autres dans des travers réels ou supposés. Cela alimente la division, l’exclusion.

Reconnaître les qualités des autres les encourage à les développer. C’est un acte de solidarité.

C’est une manière de reconnaître le Divin en chacun, au-delà des travers de la personnalité qui peuvent nous rebuter.

– Sortir de ce que l’on peut appeler le « sectarisme psychoaffectif »

Quand on dit : « ce n’est pas possible d’aimer tout le monde » on coupe le monde en deux : ceux qui nous sont sympathiques et ceux qui nous sont antipathiques, souvent à cause de préjugés.

Mais on peut dépasser les réactions épidermiques par le respect mutuel posé comme principe de coopération.

Quand le respect s’accompagne de compréhension, il mène à la bienveillance, l’attention portée au bonheur d’autrui.

Quand la compréhension devient empathie elle ouvre au désir d’alléger la souffrance, à la compassion.

Débarrassée du sectarisme, la solidarité n’a pas de frontières. Ce cheminement mène à un amour universel qui culmine dans l’amour totalement désintéressé et inconditionnel déjà évoqué à propos des Envoyés divins.

Bien sûr, on ne change pas du jour au lendemain. Il y a en chacun à des degrés divers, une tendance à l’altruisme et une tendance à l’égoïsme. Elles génèrent des pensées qui contribuent tantôt à harmoniser la société tantôt à la diviser.

C’est pourquoi « la pacification du monde commence par notre propre pacification. » [8] C’est une vigilance que nous pouvons mettre au service de l’humanité :

Neutraliser nos pensées nocives

Pour purifier son mental, on peut se dire :

« Je ne suis pas ces pensées, je ne suis pas ces sentiments, je ne suis pas ces émotions du mental. J’efface toutes les pensées impures, toutes les imprégnations négatives et m’installe dans l’Age d’Or intérieur, la paix, le calme et la sérénité. » [9]

Pour annuler ses pensées agressives : « J’annule la pensée de haine émise contre telle personne et lui envoie une pensée d’amour, de paix, d’harmonie et d’unité. Puisse son âme me pardonner et se réconcilier avec mon Dieu intérieur. »[10]

– Pour couper avec le ressentiment, l’importance du pardon à soi-même et aux autres a été évoquée dans un précédent exposé. Dans toutes les religions, le pardon permet de se libérer du fardeau de la haine et d’avancer vers la paix intérieure.

Propager des pensées d’amour

C’est « une directe participation au service silencieux du monde ».

« Par nos pensées bénéfiques, insiste le Seigneur HAMSAH MANARAH, efforçons-nous de générer un puissant courant de fraternité, d’amour vrai, assez fort pour conjurer les violences. C’est la condition essentielle d’une harmonie entre les nations et la création d’un climat psychologique favorisant l’évolution du monde. Nul n’est trop faible, aucune pensée n’est perdue. » [11]

Envoyons des pensées solidaires, des souhaits bénéfiques, des prières.

N’oublions pas que la prière du OM, offerte à tous, « sauve les âmes qui désespèrent ».

Ainsi, nous pouvons tous ensemble, croyants et athées, être de plus en plus nombreux à contrebalancer, à transmuter les pensées destructrices qui engendrent les actes destructeurs.

De surcroît, ce service désintéressé rendu à l’humanité rejaillit sur nous-mêmes car « plus l’homme s’améliore, plus il apprend à aimer profondément ; et plus il aime, plus il s’améliore. » [12]

Tout au long de ce cheminement, le Seigneur nous encourage : « De proche en proche, votre exemple fera tâche d’huile et à votre petit niveau personnel, vous participerez à l’anéantissement de la pieuvre de la haine au sein de la société. » [13]

Quand les adultes font l’effort de mieux penser, cela rejaillit sur l’éducation des enfants. C’est à travers eux que s’instaurera un changement de mentalité sur le long terme.

 

III – AIDER LES JEUNES A PENSER SELON LES VALEURS D’AGE D’OR

De cette solidarité intergénérationnelle, dépend l’avenir de l’humanité.

Les valeurs orientent les pensées et les actions de chacun. Il est donc essentiel « d’éduquer les enfants dans le sens de la tolérance, du respect de chacun, de l’amour vrai, de l’entraide. »

Reste à susciter chez eux … le goût de l’effort pour les mettre en pratique !

Nous insisterons sur l’exemple, l’expérience du bonheur et une nouvelle conception de la citoyenneté.

L’exemple

C’est par l’imitation qu’un enfant commence à apprendre le respect, l’entraide, la justice… ou leur contraire. Tout adulte, parent, éducateur ou pas, sert même à son insu, de modèle.

L’enfant a besoin de repères, de règles, il doit prendre conscience de ses responsabilités et connaître la satisfaction du devoir accompli.

Mais c’est l’exemple d’adultes attentionnés qui rend les valeurs attrayantes.

On retrouve à l’échelle de l’éducation ce que Bergson nomme la morale ouverte : l’appel d’un modèle, (grande figure d’une Religion, d’une Sagesse etc.) qui suscite une morale de l’attrait, source d’enthousiasme et de joie.

L’expérience du bonheur

Donner aux jeunes l’occasion d’expérimenter la solidarité en famille et à l’extérieur les ouvre à la bienveillance – Sans bien sûr confondre bonté et faiblesse. Cela les aide à s’épanouir :

– se rendre utiles favorise leur intégration au groupe.

– en développant leur sensibilité, leur empathie, ils pensent et agissent de façon plus efficace : leur confiance en eux augmente.

– ils apprennent à donner et à recevoir car celui qui donne en toute humilité, sans recherche d’intérêt personnel, s’enrichit à d’autres niveaux grâce à celui qui reçoit.

Il n’y a pas de rapport de domination.

Peu à peu, donner du bonheur fera partie de leur propre bonheur qui sera indépendant des objets extérieurs.

Et des valeurs qui les rendent heureux, ils les transmettront.

Une nouvelle notion de la citoyenneté

En cette aube d’Age d’Or, apprendre à l’enfant à « penser universel » est incontournable.

« Chaque contrée est un domaine de l’immense famille humaine, la sienne, dit le Seigneur HAMSAH MANARAH. Il s’arrête à ce qui rapproche les hommes au lieu de les diviser. Il aime fidèlement son pays et s’applique à être un citoyen consciencieux, soucieux d’accroître sa valeur morale, intellectuelle, spirituelle, son efficience. Mais il n’oublie pas qu’il est un citoyen du monde et de l’univers. » [14]

L’aventure de sa vie sera plus riche et passionnante.

Il se sentira plus facilement solidaire de tous les humains quelles que soient leurs différences et aussi des règnes de la Nature.

En aidant les jeunes à devenir, selon le vœu du Seigneur, « des hommes et des femmes de cœur pleins de compassion, désirant s’aider eux-mêmes afin de mieux aider les autres », [15] les adultes contribuent à instaurer de façon durable l’état mental d’Age d’Or dont la Terre a un urgent besoin.

 

En conclusion 

« Le niveau d’évolution de l’humanité dépend de l’évolution de chaque être ».[16]   C’est pourquoi :

– choisir nos pensées,

– éduquer les jeunes dans ce sens,

– encourager chacun à mieux penser,

sont des actes de solidarité pour réussir à « sauver l’humanité des conséquences de ses pensées nocives. » Car, ne l’oublions pas, tous les comportements humains ont pour origine des pensées.

De plus, mieux penser, c’est renouer avec « la joie qui doit naître de l’acte d’aimer, dit le Seigneur HAMSAH MANARAH, de l’acte de servir, d’aider, de secourir, de l’acte d’enfanter puis d’éduquer…  »[17]

Pour terminer, voici une affirmation tirée du Yoga de la vie pratique. Elle peut nous aider quelle que soit la situation, y compris dans l’épreuve, à garder le cap d’une attitude qui en aidant les autres nous aide nous-même :

« L’Amour profond grandit en moi pour le monde et l’Univers.

Je sais qu’en m’ouvrant au service d’autrui, au service de l’humanité,

de tout mon cœur, sans attendre de gratitude, j’ouvre la porte à la plénitude de tout bien.

Je progresse dans le chemin du bonheur et de la sérénité. » [18]

OM

V. Mandaja

Docteure en sciences de l’éducation

 

[1]https://www.lemonde.fr/climat/article/2021/09/14/climat-les-trois-quarts-des-jeunes-jugent-le-futur-effrayant

[2] Le Yoga de l’Amour dans la Force , p. 302

[3] Le Yoga de la Vie Pratique, p. 301

[4] Cf. Le Maître spirituel et le disciple, p. 285

[5] Le Yoga de l’Amour dans la Force, p. 234

[6] Le Flambeau d’Unité, p. 154

[7] La Révolution du monde des vivants et des morts, p. 344

[8] La Voix de Lumière, p. 472

[9] La Révolution du monde des vivants et des morts, p. 266

[10] L’Aumisme, la Doctrine de l’Age d’Or, p. 151

[11] L’Unité des Visages de Dieu, p. 390

[12] Le Yoga de la vie pratique, p.  238

[13] Vers un Age d’Or d’Unité, p. 185

[14] Le Yoga de la Vie pratique, p. 279

[15] Naturopathie et yoga, p. 246,

[16] La Voix de Lumière, p. 473

[17] Le Flambeau d’Unité, p. 358

[18] Le Yoga de la vie pratique, p. 242

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